Flash info : ça patine dans la bolognaise

The Flash, nouveau chapitre du DC Extended Universe, s’affiche comme une production ambitieuse, mêlant audacieusement exploration du multivers et hommage aux figures emblématiques des comics. Sous la direction d’Andy Muschietti, le film cherche à concilier spectacle et profondeur émotionnelle, mais se heurte à une réalisation inégale qui altère parfois la fluidité de l’ensemble.


L’intrigue s’articule autour de Barry Allen (Ezra Miller), jeune héros capable de manipuler le temps par sa vitesse surhumaine. L’histoire, centrée sur sa tentative désespérée de modifier le passé pour sauver sa famille, donne lieu à un enchevêtrement de réalités parallèles et de temporalités alternatives. Ce choix narratif, audacieux, offre un terreau fertile pour renouveler le genre super-héroïque, tout en posant un regard introspectif sur les conséquences des actes du héros.


Malgré cette richesse conceptuelle, le scénario pâtit d’une certaine confusion. La prolifération des personnages secondaires et des ramifications temporelles, bien que stimulante sur le papier, nuit à la clarté de la narration. On constate que plusieurs sous-intrigues restent sous-exploitées, ce qui affaiblit la cohésion dramatique et empêche l’émergence d’un véritable lien émotionnel avec Barry Allen.


Sur le plan visuel, le film fait preuve d’un contraste saisissant. Certaines séquences d’action impressionnent par leur dynamisme et leur inventivité, illustrant avec brio la célérité phénoménale du protagoniste. Néanmoins, ce spectacle est entaché par des effets spéciaux parfois maladroits, voire maladroitement réalisés, qui rompent l’immersion. Des textures numériques approximatives et des incrustations peu convaincantes rappellent que la qualité visuelle ne se mesure pas seulement à l’intensité des scènes, mais à la cohérence et au réalisme de l’ensemble. Ces failles techniques déçoivent, particulièrement dans un film où l’esthétique doit jouer un rôle central.


Côté interprétation, le film bénéficie d’une révélation majeure : le retour tant attendu de Michael Keaton dans son rôle mythique de Batman. Sa prestation, empreinte de gravité et de nostalgie, constitue sans conteste l’un des moments forts du long-métrage. Sa présence confère au récit une légitimité et un charme singulier, ravivant la mémoire collective des fans de la franchise. Keaton parvient à incarner un héros plus sombre et mature, offrant un contraste salutaire avec la jeunesse et l’impulsivité de Barry.


À l’inverse, Ezra Miller peine à incarner pleinement la complexité de son personnage. S’il parvient à insuffler une énergie juvénile et un humour léger, son jeu demeure parfois déséquilibré, manquant de nuances qui auraient permis au spectateur d’adhérer davantage à ses dilemmes intérieurs.


Musicalement, la bande-son accompagne avec discrétion mais efficacité les péripéties du héros, sans jamais prendre le pas sur la narration ou les scènes d’action. La mise en scène d’Andy Muschietti, pour sa part, maintient un tempo soutenu, quoique parfois trop haché, accentuant la sensation d’un récit fragmenté.


En définitive, The Flash apparaît comme une œuvre hybride, oscillant entre fascination et frustration. Si son univers foisonnant et ses clins d’œil passionnés séduiront les aficionados des comics, son manque d’homogénéité narrative et certaines maladresses techniques risquent d’en dérouter plus d’un. La joie de retrouver Michael Keaton dans la peau de Batman demeure l’un des éléments les plus marquants, soulignant à quel point ce film, malgré ses imperfections, parvient à raviver l’enthousiasme pour l’univers DC.


The Flash n’est donc ni un triomphe absolu ni un échec complet, mais une tentative courageuse qui, à défaut d’atteindre toutes ses ambitions, mérite qu’on lui accorde un regard attentif et indulgent.

Kelemvor

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