Wong Kar-Wai est ce que l’on peut appeler un perfectionniste, et lorsqu’on regarde The Grandmaster, on comprend pourquoi il met tant d’acharnement sur le moindre détail.

The Grandmaster est un film inspiré (mais pas calqué) de la vie d’Ip Man, maître kung-fu qui aura notamment été le mentor de Bruce Lee. Alors attention, contrairement à ce qu’il pourrait faire croire, ce film n’est pas, à proprement parler un film de d’arts-martiaux. C’est une chorégraphie alternant scènes de kung-fu époustouflantes de grande maitrise, symboliques et contemplatives. C’est une danse où chaque mouvement est sublimé par la mise en scène magnifique, minutieuse tout au long du film. véritable claque visuelle esthétique, n’ayons pas peur des mots, c’est beau, une beauté pure qui transcende chaque plan. La photographie, splendide également donne une atmosphère qui baigne entre chaleur et mélancolie.

Malgré que la campagne publicitaire se soit focalisée sur le personnage d’Ip Man, très bien interprété par Tony Leung d’ailleurs, s’il fallait pourtant choisir un master dans cette oeuvre esthétique de Wong Kar-Wai, ce serait sans aucun doute Zhang Ziyi, extraordinaire en Gong Er.

L’invasion japonaise marque un basculement narratif important, dès lors, la construction se désorganise. Linéaires pendant un long moment puis mêlent flash-back et flashforward dont seuls les dates et petites légendes sont censées nous aiguiller quant à leur place dans le récit. Ces transitions déjà en soi compliquées le sont d’autant plus qu’ici on parle de l’histoire chinoise, et qu’à moins d’être un expert sur ce pays, il est facile de se perdre dans la narration. L’intérêt principal du film ne réside pas dans son approche historique, ce point particulier n’entache en rien le film.

Description picturale de la Chine de la première moitié du 20e siècle sur fond de décadence du kung-fu, The Grandmaster, c’est du grand art visuel, tout simplement.

ANALYSE DE L'AFFICHE:
C’est une affiche de film de kung-fu, et c’est bien le problème. La scénographie de la mise en page fait référence à l’unz des scènes de combat du film, et par conséquent, peut tronquer l’esprit du spectateur qui va penser voir un film où ça castagne dans tous les sens. Bien sûr, il ne faut pas oublier les besoins marketing d’une affiche de cinéma et l’accent ici fut clairement mis sur ce qui pourrait attirer les foules dans les salles obscures. Alors bon, oui, sans doute que ça aura l’effet escompté mais je trouve ça dommage. Premièrement parce qu’on trompe le spectateur, deuxièmement parce que cette affiche ne sert pas le film. J’aurais aimé retrouver cette recherche d’esthétique et de symbolisme que dans le film, j’aurais aussi aimé un travail plus prononcé sur la typographie avec évidemment des influences asiatiques. J’aurais aimé une affiche moins passe-partout en somme.

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le 27 avr. 2013

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AGipsySpirit

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