Pensant avoir découvert la quintessence de la nullité avec Gangnam Zombie pour lequel j'avais rédigé une modeste critique ici, je dois bien admettre que The Grove s'avère être un concurrent aussi inattendu que sérieux au podium des monstruosités filmiques. Le synopsis part sur la sempiternelle base de l'expérience médicale qui tourne mal avec un sérum de super soldat dans une version légèrement plus agressive que celle de Captain America. En effet, à l'instar des règles instaurées dans les Gremlins qui ne seront pas respectées, le personnage principal se retrouve à cocher un bingo gagnant de tout ce qu'il ne faut pas faire. Résultat des courses : un comportement de mâle toxique, des yeux rouges et des pouvoirs de téléportation.
Toutefois, avant d'arriver à ce déluge d'effets spéciaux confiés à un étudiant au talent aussi limité que son compte en banque, il faut s'armer d'une bonne dose de patience, de beaucoup d'abnégation et, si possible, d'alcool fort. Notre protagoniste se retrouve lui, sa copine et quelques personnages sortis littéralement de nulle part dans une maison dans les bois (sans doute une location Airbnb le temps du tournage) à enchaîner conversations creuses, dramas sentimentaux dont on se cogne royalement et beauferies en tout genre qui aspirent toute envie de vivre aux spectateurs.
La mise en scène, quant à elle, doit être le fruit du dur labeur d'un illusionniste puisqu'elle disparaît totalement dès la première seconde. Notre équipe de tournage qui, je l'espère du fond de mon petit cœur aigri, travaillait dans le cadre d'un projet étudiant ou d'un mauvais pari perdu après une soirée aussi alcoolisée que celle présente dans le "film", se contente pendant 95% de la bobine à passer d'un gros plan à un autre, ce qui aboutit à une incompréhension totale de toute notion d'espace et d'une certaine gêne à la vue de l'inexpressivité relative de l'acteur principal.
Bref, passé cette première heure de souffrance, c'est un festival, que dis-je, une explosion de mauvais goût qui s'abat sur nos rétines au mieux, ravies avec un sourire complice propre à la vision de tout bon nanar, au pire, dilatées suite à la destruction d'une bonne partie de nos neurones. A noter que cette œuvre du démon ne dispose pas d'une véritable fin puisqu'elle se conclut avec "The Grove will return" digne du MCU. Peut-être verrons-nous un jour ce Captain Grove dans un futur Avengers ?