Je n’ai pas vu le film danois original, donc je juge uniquement cette version d’Antoine Fuqua. Et il faut reconnaître une chose : le concept fonctionne. Ce huis clos dans un centre d’appels d’urgence, porté presque exclusivement par Jake Gyllenhaal, crée une vraie tension et donne envie de connaître le fin mot de l’histoire.
Le problème, c’est que Gyllenhaal en fait parfois beaucoup, voire trop. Son intensité permanente flirte régulièrement avec le surjeu, et ses sautes d’humeur incessantes finissent par devenir plus fatigantes qu’impressionnantes. Là où quelques variations auraient renforcé la tension, le film choisit souvent de pousser le curseur au maximum.
Le concept, lui aussi, montre quelques limites. Malgré quelques rebondissements, on sent que le huis clos peine parfois à se renouveler et le récit n’exploite pas toujours pleinement son idée de départ. Heureusement, le suspense reste suffisamment bien entretenu pour donner envie d’aller jusqu’au bout.
Au final, The Guilty se regarde sans déplaisir. Ce n’est pas le thriller haletant que j’espérais, mais il réussit tout de même à maintenir assez d’intérêt pour qu’on attende avec curiosité son dénouement. Une expérience correcte, sans être totalement convaincante.