Bong Joon-ho réussit quelque chose que peu de films de monstre osent tenter : rendre la créature presque secondaire. Le vrai sujet de The Host c'est une famille dysfonctionnelle et pathétique qui se retrouve à sauver l'une des siennes malgré elle et cette dimension humaine, grotesque et touchante à la fois, est ce qui distingue le film de la masse du genre.
La scène d'apparition de la créature sur les bords du Han reste un morceau de bravoure. Bong la filme en plein jour, sans mystère ni construction progressive de la peur elle surgit, elle court, elle tue, et la musique classique qui l'accompagne crée un décalage jubilatoire. C'est une des introductions de monstre les plus réussies que je connaisse.
Ce qui m'impressionne c'est l'équilibre constant entre comédie et horreur. La famille Park est incompétente, lâche, ridicule et pourtant je m'y attache sincèrement. Bong ne les juge pas, il les observe avec une affection moqueuse qui est sa marque de fabrique.
La critique anti-américaine est un peu appuyée par moments le prétexte de la contamination chimique et les militaires américains incompétents sont des cibles un peu trop faciles.
Le dernier acte marque un léger essoufflement, et la résolution est moins satisfaisante que tout ce qui précède.
Reste un film de genre intelligent, drôle et généreux.
Bong avant Parasite mais déjà pleinement lui-même.