The Immigrant par Gahisto
James Gray a dit à propos de son film que c'était le plus ambitieux, le mieux réalisé et le plus émouvant de sa carrière, comme quoi tous les avis sont clairement subjectifs car au contraire de ses deux derniers films (Two Lovers et La nuit nous apparient), le film ne bouleverse pas et peut être qu'ici l'émotion y est trop réfléchie, trop pensée pour toucher le spectateur. Il y a une vraie distance émotionnelle entre The Immigrant et le spectateur, étouffant ainsi les enjeux dramatiques du récit.
Pourtant, le film est traversé par quelques moments d'une éblouissante beauté qui confinerait au chef d'oeuvre et on est loin du mélo académique vendu par les critiques (un tel niveau de mise en scène n'est certainement pas académique) il y a aussi quelque chose biblique dans ces personnages ( Ewa et Bruno) qui semblent rongés par la haine et l'amour, le mal et le bien, offrant au film une belle dimension mythologique, ces deux héros semblent d'ailleurs lorgnés vers ceux du romancier John Steinbeck pour sa manière de traiter ses personnages aux frontières du mythe et du réel.
Au final, on a ici l'oeuvre la plus aboutie techniquement du cinéaste mais peut être aussi la moins évidente.