Sorti en 2013 et réalisé par James Gray, The Immigrant est comme son nom l'indique un film qui parle de l'immigration dans les années 20 à New York. Grand fan de James Gray, de Little Odessa (1994) en passant par The Yards (2000), La Nuit nous appartient (2007), Two Lovers (2008), Ad Astra (2019) ou plus récemment Armageddon Time (2022), il me restait à voir The Immigrant que j'avais loupé à sa sortie. Alors trêve de suspense, c'est selon moi le moins bon de tous les films de James Gray avec The Lost City of Z (2017). Sans être mauvais, j'ai trouvé que le film avait beaucoup de longueurs et un récit qui avait du mal à décoller. Je n'y retrouve pas le côté très viscéral des autres films de James Gray. C'est comme s'il se regardait filmer. C'est beau, mais c'est très chiant aussi, quoi !
Nous sommes au débuts des années 20, lorsque deux polonaises Ewa (Marion Cotillard) et Magda (Angela Sarafyan) débarquent à New York. Malheureusement pour Magda, elle a la tuberculose et est donc mise en quarantaine avant expulsion. Pour Ewa, les choses sont plus compliquées. Elle est accusée de ne pas être une femme descente selon les mœurs et subit donc le même traitement que sa sœur, direction la quarantaine avant expulsion. Qui plus est, son oncle et sa tante ne sont pas venus la chercher. Mais voilà qu'un homme visiblement très influent prénommé Bruno (Joaquin Phoenix) la repère et la prend sous son aile. Que veut-il d'elle ? Pourquoi la sauve-t-elle ? On devine bien qu'il a quelque chose derrière la tête.
Alors qui est vraiment Bruno ? Bruno s'occupe de filles qui, en échange de son aide, se livrent en spectacle dans un bar. Elles assurent le show, elles dansent, elles chantent, elles se dévêtissent sur scène ... et plus si affinité en coulisse avec des clients. Bruno, c'est un proxénète, quoi ! Eva va découvrir qu'elle n'a pas de choix. Elle n'a plus de famille, son oncle et sa tante l'ayant abandonnée. Et puis il y a sa sœur qui compte sur elle pour la libérer. Une relation ambiguë va alors naitre entre elle et Bruno. Bruno l'exploite, mais on sent aussi qu'il n'est pas insensible à ses charmes. Et puis, il y a Orlando (Jeremy Renner) le magicien qui semble jouer sur les plates-bandes de Bruno. Vous le devinez, un triangle amoureux va alors se mettre en place entre Bruno, Ewa et Orlando.
Sur la forme, il n'y a pas grand chose à reprocher à The Immigrant. James Gray oblige, la mise en scène est très soignée et la reconstitution des années 20 est irréprochable. Sur le fond, c'est là que les ennuis commencent. Le personnage d'Orlando est très mal amené et on ne comprend pas très bien d'où vient cette rivalité avec Bruno. Et quand on nous révèle enfin qu'il s'agit du frère de Bruno, ça tombe complètement à plat. Bref, le personnage d'Orlando est très mal écrit et Jeremy Renner est assez insupportable dans son cabotinage. Aprés, je l'avoue volontiers, je n'aime pas beaucoup cet acteur que je l'ai toujours trouvé très mauvais quelque soit le film dans lequel il joue. C'est bien simple, tout l'arc narratif autour de Buno est raté. Et même si la relation ambiguë entre Bruno et Ewa tient toutes ses promesses, elle est parasitée par toutes des sous intrigues qui se révèlent très brouillonnes. Il aurait mieux valu se concentrer uniquement sur les personnages de Bruno et Ewa et mettre tout le reste à la poubelle.
C'est assez inhabituel de la part de James Gray, mais The Immigrant est mal écrit, ça manque de fluidité et ça fleure le trop plein de pathos. Et la performance de Marion Cotillard renforce ce sentiment. La voir parler avec un accent polonais, qui plus est en anglais ... j'ai eu du mal à m'y faire. C'est trop forcé, trop théâtral, trop pathos. Tout ça, ça manque de naturel et ça ne prend pas autant que je l'aurai voulu. Dans le genre film d'époque se déroulant à New York, y'a beaucoup mieux, à commencer par certains films de Martin Scorsese (Le Temps de L'innocence et Gangs of NY pour n'en citer que deux).