The Invitation est un huis clos et un film de dîner, deux sous-catégories qui en font exactement ma came. C'est aussi un thriller psychologique parano et très efficace, servi par un casting réussi et une réalisation sobre.
Tout n'est pas parfait pour autant : les seconds rôles sont inégaux et la plupart sont sous-développés. C'est surtout John Carroll Lynch, dans le rôle de Pruitt, qui m'a soufflé, une fois de plus, mais Logan Marshall-Green (que je ne connaissais que pour l'excellent jeu Telling Lies) est une bonne surprise.
J'ai aussi regretté un trop grand décalage entre les connaissances du spectateur et du protagoniste. On obtient ces informations au compte-gouttes : antécédents des personnages, leurs relations, le drame passé, etc. Le script utilise ce décalage pour créer un suspense artificiel dont il n'avait vraiment pas besoin, et qui nuit à l'immersion, dès lors qu'on ne peut réellement se projeter dans les bottes d'un héros qui en sait beaucoup plus que nous.
Enfin, je trouve que le film aurait gagné à rester plus ambivalent, plus longtemps. Le coup de la vidéo, qui survient très tôt, en dévoile un peu trop, et si je comprends l'intention (foutre la pression), je trouve que le film y perd une partie de l'ambigüité dont se nourrit son suspense.
Rien de cela n'empêche The Invitation d'accomplir son objectif : enchaîner des scènes de tension, dans une ambiance oppressante, dont certaines fonctionnent à la perfection (le mystère autour de l'arrivée d'un des invités, la scène du vin, etc). Cela en fait une expérience mémorable dans le microcosme des films de dîners en huis clos.