Remake à peine masqué du "Samouraï" (mais là où Melville cherchait à réaliser une épure du film noir, John Woo livre un film démesuré), avec un romantisme "à l'eau de rose" très typique du cinéma commercial de Hong-Kong (et qui pourra faire sourire le spectateur occidental), et avec une véritable icône comme acteur, "The Killer" est certainement l'un des plus beaux films de John Woo. C'est en tout cas celui qui synthétise de la manière la plus éclatante son apport au cinéma d'action, et au cinéma en général : à partir des éléments classiques du polar (la trahison, la traque, le règlement de comptes...), il s'en démarque par une mise en scène qui n'appartient qu'à lui (complexité visuelle, esthétisme maniéré ouvertement revendiqué, scènes de gunfight filmées comme des ballets...). [Critique écrite en 1995 et complétée en 1998]