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D’une certaine manière, il est difficile de critiquer ce film si on le décortique en termes de réalisme et de scénario. Beaucoup de fans de John Woo seront sans doute offensés par cette remarque, mais c’est la vérité. L’histoire du film est artificielle, terriblement clichée, truffée de dialogues maladroits et globalement absurde. Mais, il faut le reconnaître, elle est aussi complexe, stylisée et profondément prenante.
Si l’on accepte donc la maladresse du film et son incroyable sentimentalité comme faisant partie de son style (et non comme une tentative de réalisme), alors on est sur la bonne voie. Car The Killer de John Woo, bien qu’il ait été tourné il y a plus de trente ans, n’a rien à envier aux films d’action d’aujourd’hui. Il est sanglant, à la manière de Desperado (oui, je l'ai écrit), esthétisé d’une façon que Woo n’a jamais vraiment reproduite dans ses films américains et il se bonifie avec le temps. C’est, en un sens, un chef-d’œuvre du film d’action.
Vers la fin, même si les relations entre les personnages principaux découlent de rebondissements étranges, voire invraisemblables, on n’a pas envie de les quitter. On souhaiterait presque qu’ils restent à l’écran pour massacrer encore quelques dizaines de méchants de manière aussi brutale qu’exaltante. Quoi qu’il en soit, j’ai vraiment aimé The Killer, et je dois dire qu’à part quelques voitures qui trahissent son époque, le film a remarquablement bien vieilli. C’est un carnage de bon goût.
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Créée
le 17 oct. 2025
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