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Fuck Thatcher !
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Il est formidable de n'en faire qu'à sa tête, encore faut-il qu'elle forme un projet qui corresponde à l'art dans lequel il se développe. Au mieux, Jarman est un peintre. Cela nous vaut des visions magnifiques d'une société d'apocalypse, mais tout cela est totalement statique. Certes, la peinture elle-même n'est jamais totalement statique, il faut le temps de la déchiffrer, mais l'excitation presque permanente dans le montage nous renvoie finalement à un engluement encore plus fort qu'une peinture.
Ces tableaux donc, plutôt que ces séquences, se doublent en plus de certaines insinuations politiques pour le moins floues et paresseuses, si ce n'est fallacieuses (les discours d'Hitler, certains montages avec des archives). On préférerait que soit avoué ouvertement un goût pour la décadence et les fins du monde, cela donnerait moins cette sensation de complaisance coupable et nous épargnerait des digressions politques assénées plus que pensées, de même que, souvent, sont assénées, au sens où elles sont reprises, des images-icônes d'une certaine culture, sans que jamais il n'ait l'intention de les mettre en scène, en rythme dans un tout cinématographique. Un peintre même fait mieux.
Un point fort pour finir, certains moments de la bande son - si on les isole d'une certaine redondance qu'elle a avec l'image - sont particulièrement réussis, mêlant le bruit et la musique dans une sorte de nouvelle pâte sonore. Ce qu'il y a de plus cinématographique dans le film ?
En résumé, on a la sensation que Jarman nous met devant un choix : soit vous m'aimez, moi et mon esthétique, soit vous n'aimez pas (et allez vous faire foutre...). Eh bien non, nous n'en avons rien à foutre de Mr Jarman, mais nous voulons un film, dynamique, avec un vrai parcours, une pensée et une esthétique construites en fonction de ce film, pas un copié-collé statique de signes déjà existants et signifiants ailleurs.
Créée
le 14 oct. 2017
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