Cette histoire atypique nous plonge dans un univers ultra-normé. Pour survivre il faut se plier aux règles sociales imposées. Cet univers semble toujours clos y compris lorsque la caméra balaye la ville ou la forêt insistant sur l'impossible émancipation (mentales, psychologique?) de ces habitants. Tels des pantins, ils ont si bien intégrés l'obéissance aux règles, que personne n'est naturel ni spontané. Plus les absurdités s'accumulent plus cela mettait en avant les règles qui régissent tout autant mon monde : combien de fois n'ai-je posé des actes par peur des conséquences, sans prendre acte de leur absurdité et leur insignifiance pour moi? Cela est encore renforcé par la manière dont les acteurs jouent : pareil aux personnages qui se plient sans élan aux codes sociaux, leur actes et leur paroles sont l'exécution mécanique du scénario et du texte. Les images sont d'une beauté stupéfiante et la nature filmée tout en splendeur semble plus être un personnage qu'un lieux. Les effets de ralentis viennent à point nommé pour nous faire apprécier des instants intenses où tout se joue sous des airs de sculptures de l'inéluctable.