Quand j’ai assisté à l’enregistrement de Réalisé sans trucage centré sur le film Aux frontières de l’aube, j’ai réalisé qu’il manquait encore des films de Kathryn Bigelow à ma connaissance. Et dont j’ignorais l’existence pour certains. Ce fut le cas pour son tout premier long-métrage, The Loveless, co-dirigé avec Mont Montgomery, que j’ai pu emprunté tout de suite après son film de vampires. Et même si le visionnage ne s’est pas avéré aussi concluant, je reconnais en The Loveless les prémices de la réalisatrice. De ses débuts talentueux pour ce qui est de la mise en scène. Car s’il a été mis sur pied avec les moyens de bords et beaucoup de bricolages techniques, The Loveless est un titre qui mérite le coup d’œil. Ne serait-ce que pour cette version modernisée de L’Equipée Sauvage qu’il offre, plus contemplative et axée sur l’ambiance. En seulement quelques plans, la cinéaste parvient à nous plonger dans cet univers si particulier des motards. Des baroudeurs sans foi ni loi qui, malgré tout, respirent la liberté et l’insouciance dans une Amérique régie par les préjugés et le puritanisme. Qui plus est envenimée par les dérives d’une société dont les jeunes veulent se défaire. Comme une ville qui se meurt – le personnage de la serveuse – ou la toxicité de certains parents – notamment le père de Telena. Cela, Bigelow arrive à le capter avec une facilité déconcertante, par une iconisation de ces motards – sa manière de filmer les motos, les blousons en cuir… Par l’utilisation des musiques rock qui sentent bon les années 50. Ou encore l’indiscutable charisme de Willem Dafoe, le comédien dévorant l’écran à chacune de ses apparitions. Mais malgré toutes ces qualités, The Loveless n’a pas su me parler à cause de son parti pris qu’est de partir d’une intrigue assurément simpliste. Certes, il n’y a pas forcément besoin d’avoir un récit complexe à raconter, surtout si c’est pour se perdre dans une complexité artificielle qui ne se prête pas au postulat. Pourtant, c’est ce qui manque cruellement à ce film. Qui, pour le coup, ne raconte pas grand-chose si ce n’est la halte d’un biker dans une petite ville paumée. Même s’il est question du portrait d’une certaine Amérique, The Loveless prend excessivement le temps de filmer ses personnages, pour finalement ne rien le faire vivre ou véritablement endurer. Il manque à The Loveless des scènes, par forcément d’action mais au moins pivot, qui permettent de véritablement faire avancer l’histoire. À part peut-être une bagarre en guise de climax, mais montée un peu à la va-vite, comme bricolée à la dernière minute. En tant que spectateur, nous nous retrouvons à errer, à barouder dans ce film faisant presque du surplace. Et même s’il s’agit d’un parti pris, ça m’a plutôt ennuyé au fil du visionnage, pourtant court avec sa durée dépassant à peine 1h20. Bref, des débuts prometteurs, mais pas aussi convaincants que le ne le seront les futurs titres de la réalisatrice.

Créée

le 25 mars 2026

Critique lue 3 fois

Critique lue 3 fois

D'autres avis sur The Loveless

The Loveless

The Loveless

7

Fatpooper

14122 critiques

Blousons noirs

Un peu contemplatif pour ne pas dire mou mais pas inintéressant.L'univers proposé est assez plaisant ; on sent que l'auteure souhaite déconstruire l'homme viril malgré les apparences. C'est plutôt...

le 7 août 2023

The Loveless

The Loveless

5

ThomasHarnois

2017 critiques

Premiers pas (timides) de Bigelow

« The loveless » est un petit film sans grande envergure remarquable surtout pour ses acteurs charismatiques, Willem Dafoe en tête, parfait en rebelle hautain et désœuvré et son ambiance rock ‘n’...

le 17 déc. 2023

The Loveless

The Loveless

7

Peeping_Stork

392 critiques

The Loveless, Katrhyn Bigelow & Monty Montgomery, U.S.A, 1981, 1 h 22

Dialogue évident avec les années 1950, du moins avec l’ère pré-Kennedy, puisqu’aucune année n’est précisée, le film se positionne dans l’héritage d’un genre qui en 1981 est déjà tombé en désuétude :...

le 12 mars 2023

Du même critique

Batman v Superman - L'Aube de la Justice

Batman v Superman - L'Aube de la Justice

8

sebastiendecocq

880 critiques

Un coup dans l'eau pour la future Justice League

L’un des films (si ce n’est pas LE film) les plus attendus de l’année. Le blockbuster autour duquel il y a eu depuis plusieurs mois un engouement si énormissime que l’on n’arrêtait pas d’en entendre...

le 28 mars 2016

Passengers

Passengers

5

sebastiendecocq

880 critiques

Une rafraîchissante romance spatiale qui part à la dérive

Pour son premier long-métrage en langue anglophone (Imitation Game), Morten Tyldum était entré par la grande porte. Et pour cause, le cinéaste norvégien a su se faire remarquer par les studios...

le 29 déc. 2016

La Fille du train

La Fille du train

4

sebastiendecocq

880 critiques

Un sous-Gone Girl, faiblard et tape-à-l'oeil

L’adaptation du best-seller de Paula Hawkins, La fille du train, joue de malchance. En effet, le film sort en même temps qu’Inferno (à quelques jours d’intervalles), un « Da Vinci Code 3 » qui attire...

le 28 oct. 2016