Les Muppets reprennent possession de leur théâtre légendaire afin d’y ressusciter leur émission mythique, illuminée par la présence de Sabrina Carpenter.
Prologue de velours et de fanfares
Voici donc The Muppet Show de 2026, revenu tel quel, sans fard ni ruse, identique à lui-même comme un rêve obstiné refusant de vieillir. Le théâtre renaît, les tentures frémissent, et l’antique mécanique du rire se remet en branle avec une assurance grandiloquente : un invité unique, convié à se mêler aux saynètes délirantes comme aux numéros chantés, selon un rituel immuable et béni.
De l’invitée et de la surprise
Je n’abordais Sabrina Carpenter qu’avec le souvenir diffus d’un refrain sucré — Espresso, distillé à satiété par les ondes radiophoniques. Quelle ne fut pas ma surprise de la découvrir actrice de jeu, prête à s’encanailler avec les créatures de feutre, à se prêter à leurs cabrioles et à leurs chants avec une ardeur mutine et une élégance bravache. Sa rivalité d’orgueil avec Miss Piggy, duel d’amour-propre et de minauderies belliqueuses, se révèle proprement désopilante, véritable feu d’artifice d’ego froissé et de réparties venimeuses.
Des mécanismes éprouvés et de leur éclat intact
Rien n’a été altéré, rien n’a été modernisé à l’excès : sketches en cascade, chansons jubilatoires, désordre savamment orchestré. Cette fidélité maniaque devient la grande victoire du film, qui préfère l’allégresse éprouvée à l’innovation factice. Chaque apparition semble réglée comme une horloge fantasque, où le chaos obéit à une loi secrète, délicieusement absurde.
Éloge des vieillards au balcon
Et puis, comment ne pas s’incliner devant Statler et Waldorf ? Les deux vieillards au balcon, toujours au sommet de leur art, décochent leurs traits acérés avec une constance admirable. Leur fiel réjouissant, leur mauvaise foi grandiose, leur mépris goguenard de tout et de tous font d’eux, comme toujours, mes favoris absolus, gardiens hargneux d’un esprit moqueur que rien n’émousse.
Vœu de prolongement et d’avenir riant
Il m’est enfin impossible de taire l’espérance fervente que ce film ne soit que le premier jalon d’une longue enfilade d’épisodes à venir, une procession joyeuse et opiniâtre s’étirant dans le temps avec une superbe indifférence aux modes et aux caprices de l’époque. Puisse ce retour ne point demeurer une exception précieuse, mais inaugurer une série durable, prolifique et délicieusement répétitive, où, année après année, le même théâtre, les mêmes pantins et le même tumulte réjouissant continueraient d’offrir au public cet égaiement ancien, intact et inusable.
Coda triomphale
Bref, l’épisode s’impose comme une célébration fastueuse et surchargée de joie, une relique vivante qui prouve, avec panache, que la répétition peut devenir une fête et que la fidélité, lorsqu’elle est menée avec autant de verve, demeure une source inépuisable de ravissement.