Ce film aux accents de thriller politique, réalisé par Alessandro Tonda, saisit la dimension humaine autour du destin d'un agent secret victime de militaires américains à Bagdad.
Le 4 février 2005, un groupe d'hommes armés enlève, à Bagdad, la journaliste du quotidien communiste italien Il manifesto Giuliana Sgrena (Sonia Bergamasco). L'Irak, accusé de cacher des armes de destruction massive (qu'on n'a jamais trouvées) est occupé par les Marines américains et des troupes venues du Royaume-Uni, d'Australie et de Pologne. Après un mois d'emprisonnement, le 4 mars, Al Jazeera annonce la libération de la journaliste. Alors que la voiture des services secrets italiens transportant Giuliana Sgrena et Nicola Calipari (Claudio Santamaria) atteint l'aéroport de Bagdad, où les attend l'avion qui les ramènera en Italie, elle est attaquée par des tirs de mitrailleuses à proximité d'un poste de contrôle américain. Nicola Calipari est tué, et Giuliana Sgrena ainsi que le chauffeur sont blessés.
Le film relate les faits sur un rythme sec et nerveux, se déplaçant de Rome à Bagdad et scandant les étapes des tractations habilement menées par Calipari tout en faisant allusion aux manœuvres ambiguës qui ont eu lieu en coulisse. Il y a la décision d'éviter à tout prix une autre intervention éclair de la CIA, dont les extractions précédentes d'otages ont eu des conséquences désastreuses. Il y a, à Rome, un haut fonctionnaire, collègue de Calipari, qui entrave ouvertement son action sur place. Il y a la recherche spasmodique d'un « canal », une rencontre à Dubaï avec un représentant influent de la minorité sunnite en exil, à présent exclue des postes clefs en Irak et responsable d'attentats et d'enlèvements d'occidentaux. Il y a les longues journées de détention de la journaliste entre les mains de jihadistes. Pendant les trente dernières minutes du film, l'action se resserre, à tel point que le film se met à ressembler à un thriller politique sur la libération d'otages.
Le film cherche surtout à rendre la dimension humaine et politique des choses. Le scénariste du film, Sandro Petraglia, a fait beaucoup de place à la vie privée du héros, à l'amitié qui l'a lié, pendant ces semaines agitées, au directeur du quotidien où travaillait Sgrena, et à ses relations avec sa famille : sa femme (Anna Ferzetti), qui ne pose jamais de question quand il part en mission à l'improviste, et sa fille, une adolescente rebelle qui participe à une manifestation pour demander le retrait des troupes présentes en Irak.
Il Nibbio a gagné le Globo d'oro du meilleur film italien en 2025.