La rage face à l'indifférence
N'ayant pas vu la pièce de théâtre de Larry Kramer, je ne peux me permettre de comparer ni de juger cette adaptation télévisuelle... je vais donc me focaliser sur l'oeuvre - que dis-je? - la pépite de Ryan Murphy. Ce téléfilm, produit par HBO, est exceptionnel car il a le mérite de se poser les bonnes questions, de s'attarder sur certains sujets toujours tabous dans la société actuelle (homosexualité, sida, ...) et donc de prendre des risques!
Le scénario est assez simple et on rentre très rapidement dans le film: début des années 80, un virus encore inconnu à l'époque, se propage dans la communauté homosexuelle et entraîne la mort de dizaines - centaines, puis milliers - de gays. Nous suivons alors Ned Weeks, le personnage principal, interprété avec beaucoup de justesse par Mark Ruffalo (il est même très très bon!), qui se révolte face à l'injustice et surtout face à la passivité de l'administration américaine qui laisse mourir une partie de son peuple sans réagir. Je ne vais pas en dire davantage sur le sujet au risque de spoiler mais oui, The Normal Heart dénonce le laxisme des pouvoirs publics face au sida, appelé le "cancer gay" dans le film. Parce que cette maladie a touché dans un premier temps la communauté homosexuelle, qu'ils n'ont pas sourciller alors que de plus en plus de personne étaient touchées. Ned Weeks est animé par un combat pour la vie, par la colère et il parvient à nous la transmettre magistralement! Ce film a fait naître en moi un sentiment d'injustice et de rage. Certaines scènes sont insupportables, et je ne parle pas de la maladie et de ses symptômes, mais surtout des aspects discriminatoires et de cette indifférence nauséabonde.
Les personnages secondaires, relativement faiblards dans la première partie du film, prennent toutes leurs dimensions dans la seconde. Je pense notamment à Tommy Boatwright, interprété par Jim Parsons (plus connu pour son rôle de Sheldon dans TBBT) ou encore Felix Turner, campé par Matt Bomer. Aussi, je dois dire que j'ai été agréablement surpris par Julia Roberts. Il faut savoir que je n'ai vu aucun de ses films (ni même Pretty Woman, c'est dire!) donc je ne savais pas trop à quoi m'attendre et je dois dire qu'elle suscite ma curiosité et que je ne tarderai sans doute pas à la redécouvrir ailleurs. Ici, elle joue le rôle d'Emma, un médecin qui se donne corps et âme à la lutte contre le sida.
Il y a quelques imperfections... je ne me suis pas du tout retrouvé dans les années 80 par exemple, puis on pourrait aussi se passer de certaines scènes de colère de Ned Weeks mais il se doit d'être vu, vraiment!