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Amazing grace
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En 2011, Evan Glodell bricolait Bellflower dans son garage, un film post-apo tourné avec les moyens du bord qui rendait hommage à la Saga Mad Max. Cinq ans plus tard, c'est autour de Marc Lahore de se lancer dans un projet tout aussi barré et, par la même, de casser la baraque dans la microsphère des films indépendants, notamment avec ses 35 sélections et ses 17 prix.
Le pitch semble assez loufoque et pourtant le film est animé par des intentions très sincères ainsi qu'une grande bienveillance vis-à-vis de l'univers absurde qu'il développe. The Open traite de la manière dont l'Homme peut reconquérir un espace hostile en lui réinjectant du sens. Dans une Écosse offrant une magnifique vision d'une nature qui aurait repris ses droits sur les vestiges de notre civilisation, Lahore nous permet de suivre le quotidien d'un groupe de trois survivants se préparant avec le plus grand des sérieux au tournoi Roland-Garros, sans balles et avec des raquettes sans filets...
On pourrait facilement pester contre le scénario post-it du film, mais ce serait passer à côté de sa démarche. Le tennis n'est en fait qu'un prétexte symbolique; un moyen de cultiver obsessionnellement une zone de confort pour faire abstraction de la peur ambiante qui les ronge. Le réalisateur aurait pu porter son dévolu sur n'importe quelle autre passion "absurde". Celle-ci colle particulièrement bien avec l'idée de se mouvoir pour ne pas couler, de maintenir l'effort et de se battre contre les autres et soi-même. La menace est omniprésente, mais ne dévoile jamais précisément ses contours. Le coach de fortune joue également le rôle de protecteur du groupe, mais on ne le voit jamais s'opposer aux autres groupes de survivant.
Durant le bref échange qui a suivi ma séance, Lahore affirmait qu'il trouvait le tennis particulièrement cynégétique. D'un côté je trouve ça intéressant, je me faisais un peu la réflexion sur le manque de représentativité des apports esthétiques du sport au cinéma suite à mon visionnage du film Race. Mais j'ai tout de même de fortes réserves sur l'exécution formelle que je trouve loin d'être réussie. Par moment, il illustre la décomposition des mouvement des athlètes via une succession d'images fixes. Une idée géniale n'ayant malheureusement pas bénéficié de la rigueur nécessaire pour ne pas tomber dans un montage digne d'un téléfilm TF1. Mettons ça sur le compte du manque de moyen et de temps...
Cette fausse note est loin d'être rédhibitoire et le reste est de facture honorable. D'autant que le film est davantage une plongée dans le Psyché de ces âmes déboussolées qu'un simple tournoi sportif. Je félicite d'ailleurs l'extrême jusqu'au-boutisme d'un film qui ne nous prend pas par la main sans être totalement hermétique pour autant. Toute sa poésie née dans la répétition d'un quotidien instable. Le spectateur s'immerge dans leur monde en même temps que l'arrivée nouvelle d'un des trois personnages se mettant au diapason avec l'esprit du groupe après une petite phase de rejet. La solidarité et la résilience sont les maîtres mots de cette microcommunauté tentant de ne pas sombrer face aux événements qui les dépassent. "Reste avec nous", martela l'un des personnages dans l'un des passages les plus intenses du film.
The Open est donc un petit OVNI très profond parvenant à effleurer de belles thématiques terre à terre. Je suis impressionné par la manière avec laquelle Marc Lahore a su dimensionner ses ambitions avec ses moyens limités et j'ai bien hâte de découvrir ses nouveaux projets. Néo-cinéaste à suivre.
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Créée
le 30 sept. 2016
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9
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