The Perfect Candidate, deuxième film de la réalisatrice saoudienne Haifaa Al Mansour, est une oeuvre qui marque fondamentalement l'Histoire culturelle du pays. Je l'ai trouvé très interessant et fort dans ce qu'il osait raconter. Car en plus de lever les barrières de la pudeur féminine, ce film dénonce les réalités d'un pays imprégné d'un patriarcat archaïque. C'est un tour de force ! J'avoue mal connaitre les conditions de vie de cette société, et je ne pense pas être le seul à avoir été admiratif face au geste artistique et politique de ce film. On y observe une famille touchante, constitué d'un musicien veuf et de ses trois filles au tempérament de feu. L'une d'elle est médecin dans un centre hospitalier mal desservi d'une petite ville. S'appropriant une liberté qu'aucune femme n'ose saisir, elle se lance dans une campagne électorale afin de rendre plus accessible son lieu de travail. Le film montre bien que malgré un côté conservateur, cette femme décide d'aller de l'avant, quitte à faire face aux plus récalcitrants et à se défaire de certains moeurs. En cela, The Perfect Candidate signe le début d'une ère de changements, notamment chez les femmes. Dans le rôle principal, Mila Al Zahrani incarne une héroïne combattante, déterminée et moderne. C'est la Mère Courage de tout un pays, passant au dessus des qu'en dira-t-on et des valeurs du passé. Pour le coup, je me suis vraiment demandé dans quelles conditions le tournage s'est déroulé, notamment avec cette coutume de séparer constamment les hommes et les femmes... Après, si on veut être un peu plus pointilleux, je trouve que le scénario est assez convenu et attendu. La dure réalité dont témoigne le film est, je trouve, enjolivé car les événements s'enchainent trop facilement, ce qui amoindrit la combativité du personnage dont le chemin semble tout tracé d'emblée. La mise en scène est parfois maladroite aussi ; le rythme des scènes est inégal, parfois très long, et on aurait préféré un dénouement mieux maitrisé. Mais ces quelques défauts n'enlèvent en rien la nécessité de le voir, à l'instar d'un film phare ouvrant la voie d'une nouvelle ère pour un pays où le cinéma est rare, voire tabou.

alsacienparisien
6

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le 22 août 2020

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