Lors de l'avant première de The Raid à Paris il y a 3 ans, Gareth Evans avait annoncé que le premier opus n'était qu'un plan B sur lequel il s'était rabattu faute d'avoir pu monter le projet Berandal, trop cher et trop ambitieux aux yeux des producteurs et les pauvres spectateurs éreintés par la baffe reçue de se demander "mais putain, si ça c'était le plan B, c'est quoi le plan A ?!", so my friends here is the answer....
Débutant deux heures après l'opus précédent, The Raid 2 n'entretient cependant que peu de rapports avec ce dernier et s'inscrit dans la lignée des suites "Harder, Better, Faster, Stronger" comme le mythique Aliens de James Cameron. Ainsi, le métrage est infiniment plus ambitieux que son aîné à tous les niveaux : une durée multipliée par deux, un scénario qui multiplie les enjeux et les personnages et une mise en scène qui gagne en élégance !
A ce titre, Evans fait preuve d'une maturité et d'une maîtrise assez phénoménaux pour un cinéaste de son âge : n'y allons pas par quatre chemins, en termes formelles, The Raid 2 met à l'amende 99,9% de la production hollywoodienne et son réalisateur donne la leçon à tous les tâcherons américains mais aussi à quelques pointures (oui Christopher Nolan, tu es peut-être un talentueux mais tu ne sais pas filmer correctement une scène d'action, cf Batman vs Bane...).
Le metteur en scène Gallois réussit également à donner un semblant de consistance à un script qui recycle pas mal de poncifs du film de mafia mais qui se révèle suffisamment bien torché pour capter l'attention pendant 2 heures. Evans parvient à marier une atmosphère de polar façon Infernal Affairs avec des éléments purement comic book comme en témoigne le caractère hautement iconique de certains personnages (les bien nommés Hammer Girl et Base Ball Bat Man tout droit sortis du rêve mouillé d'un fan de jeu de baston !). Enfin, la narration gère habilement la montée de la tension jusqu'à des morceaux de bravoure orgasmiques qui n'ont rien perdu de leur maestria.
Car oui, à l'instar de son aîné The Raid 2 en met plein la tronche du spectateur et enquille les séquences cultes dans un crescendo furieux qui trouve son apogée dans une dernière demi-heure apocalyptique...sorte d'adaptation sous stéroïdes de street of rage avec une horde de thugs, de boss et de sous boss prêt à en découdre avec le héros (Iko Uwais d'une intensité rare) ! Les mots me manque pour décrire le pied monstrueux que j'ai pris devant un métrage qui propose quelques une des scènes d'action les plus marquantes jamais filmées dont un duel final encore plus dingue que le 2 vs 1 du premier opus et une course poursuite en voiture combinée avec un affrontement à 4 contre 1 à l'intérieur d'un des véhicule, avec des mouvements de caméra hallucinants et le tout parfaitement lisible s'il vous plaît !
Vous l'aurez compris, car The Raid 2 est une date..., une oeuvre du calibre de Matrix et de Die Hard...de ces films qui imposent de nouveaux standards et qui redéfinissent les codes d'un genre.
Alors j'entends déjà ceux qui par élitisme (ou connerie ?) éluderont toutes les qualités du film pour mieux en railler le côté caricatural du scénario et des personnages, le jeu approximatif de certains acteurs et le côté résolument bourrin de l'entreprise (totalement assumé et c'est tant mieux)...les mêmes qui s'astiquent la nouille devant des blockbusters soi disant profond, vendus par des studios cyniques et politiquement corrects ou des films d'auteurs qui utilisent paresseusement leur propos pour mieux masquer leur néant artistique...
Bref, si l'ultra-violence ne vous rebute pas et que vous voulez voir du grand cinéma d'action et du grand cinéma tout court, c'est ici que ça se passe !
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