Avec The Red Line, Sitisiri Mongkolsiri confirme son talent pour créer des ambiances visuelles fortes et une tension palpable qui nous plonge immédiatement dans le vif du sujet. Le réalisateur thaïlandais réussit à insuffler une esthétique soignée et une atmosphère pesante qui font la force du premier acte, porté par des acteurs investis qui parviennent à rendre leurs personnages attachants malgré un contexte difficile. Cependant, le film finit par s'essouffler à cause d'un scénario qui multiplie les incohérences notables au fur et à mesure que l'intrigue progresse. Si l'idée de départ est prometteuse, le récit s'égare dans des rebondissements parfois illogiques qui nuisent à la crédibilité de l'ensemble et brisent l'immersion pourtant bien installée au départ. On ressort de la salle avec un sentiment mitigé, partagé entre la satisfaction d'avoir vu une œuvre techniquement très propre et la frustration d'un script qui manque de rigueur et de cohérence interne. C'est un divertissement honnête qui se laisse regarder pour sa mise en scène, mais qui rate de peu la marche supérieure à cause de ses facilités d'écriture trop visibles qui empêchent de prendre le projet totalement au sérieux.