L'intitulé vous indiquera où et comment regarder cette... chose.


Disponible sur la toile et d'assez courte durée ( encore heureux, du moins pour nous les ciné-louches...) ce non-film rassemble tout ce qui se fait de pire en matière de propagande et d'endoctrinement : discours unilatéral à des fins manipulatrices, manichéisme primaire, glorification des valeurs patriotiques et religieuses, racisme pudibond en forme de gigantesque cache-sexe et culte de la honte morale... Eûrk !


Pire encore ( du moins pour nous, pauvres pourvoyeurs de bons goûts ) : il est un amas de stupidités et de non-savoir-faire cinématographique. Qu'il s'agisse des acteurs apathiques, de la mise en scène purement fonctionnelle, du scénario indigent et proprement racoleur, du montage disgracieux ou de la musique inutile en plus d'être à gerber... Rien n'est à sauver. Ce pet de crapaud aux allures de blanche colombe est à ce point vide de toute substance artistique qu'il est impossible ( ou alors très difficile, du moins pour nous pauvres scribouillards...) d'en parler autrement qu'en se penchant sur son discours. Ainsi l'objet ne peut qu'être vertement pamphlétisé, puisqu'il n'est rien de plus qu'un char d'assaut en partance pour quelque guerre sainte...


Que dire ? Faut-il laisser le bénéfice du doute à un tronçon filmique aussi buté dans ses convictions, aussi limité dans sa pensée, aussi bête dans ses intentions ? Entre un Cameron à la laideur consanguine, un camp militaire en forme de secte fasciste et machiste ( le culte de l'homme parfait, marié, père de famille, guerrier, patriotique et pratiquant ), une diabolisation constante du porno ( c'est l'axe du Mal dudit pet de crapaud, formant le fil conducteur du récit ) et la sensation écoeurante d'une bienveillance généralisée propre à la doctrine ( pas un seul juron, un entourage familial irréprochable et un personnage fantoche de tentatrice sexuelle qui ni ne s'exhibe ni ne s'exprime réellement ) le truc est d'une stupidité ahurissante, alternant des situations irréalistes - et ne se rapportant qu'à la subjectivité du public concerné - et des scènes institutionnelles ( la famille en pleine procession festive, toute la partie du camp militaire, les moments d'intimité entre Cameron et son parent soldat ).


Pas vraiment dangereux ( du moins pour nous, pauvres pécheurs cinéphiles ) l'ensemble possède au moins le mérite de donner l'envie de redécouvrir pléthore de chefs d'oeuvre traitant du même sujet, mais dans une antithèse parfaite et salutaire : le tortueux Solange Méga-nique, le jouissif Full Anal Braguette ou encore le cocasse Docteur Fait-l'amour... Nous avons là un véritable bâton de merde qui démontre par A plus B que la seule argumentation valable à l'égard de sa piètre nature réside dans la plume acerbe, caustique et gratuitement méchante. Vide artistique plus vide réflexif égale à bouse innommable. CQFD.

stebbins
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le 31 août 2015

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