Pour son premier long-métrage, Rob Jabbaz décide de marquer les esprits avec un film bien cracra. Eh oui, même si je connaissais plus ou moins la réputation sulfureuse du film, j'étais loin de m'imaginer un tel niveau de gore. Alors pour les amateurs du genre, cela peut paraitre relativement soft mais pour moi, qui apprécie énormément les films d'horreur au sens large mais beaucoup moins adepte du gore pur et dur, j'avoue que j'ai eu beaucoup de mal !
Pourtant, paradoxalement, je n'ai pas passé un mauvais moment pour autant. Je trouve même le film relativement bien pensé, surtout dans son contexte de sortie. Effectivement, nous sommes en 2021 pour Taïwan et en 2022 pour nous, donc à peine sorti du Covid et nous avons un film sur un virus devenant de plus en plus contagieux. On retrouve donc les masques, les précotions de confinement etc. mais ça s'arrête là pour la comparaison puisque nous ne sommes pas face à une grosse grippe mais à un virus faisant ressortir tout ce qu'il y a de plus mauvais chez l'être humain.
Un virus qui relie en effet deux zones principales du cerveau régissant la violence et la sexualité. Je ne vous fais donc pas un dessin, le film est une véritable boucherie en plus d'être particulièrement provoquant. Effectivement, le film est de plus en plus gore mais même de plus en plus sale avec des scènes soit simplement suggérées (ce qui est sûrement pire, l'imagination est bien forte que les images), soit montrées de manière très crue. Bon alors, tout ça, c'est très bien mais qu'est-ce que ça raconte dans le fond ? Eh bien pas grand-chose et c'est bien là que réside les lacunes du film.
En effet, outre le fait d'être (certainement mais c'est interprétation personnelle) une parabole de la violence humaine de manière générale et jusqu'où cette déchéance peut aller une fois que notre part sombre est déchaînée (puisqu'on parle de personnes infectées conscientes de ce qu'elles font mais n'arrivant pas à contrôler leurs pulsions), on n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Le rythme n'est d'ailleurs pas toujours très bon, les acteurs sont quelques-fois en surjeu et les personnages plutôt clichés.
Heureusement, "The Sadness" tire donc son épingle du jeu à travers des visuels marquants mais sous cette couche de vernis ne reste qu'un film relativement classique.