Voir le film

Dès le départ, le concept m’a bien plu: la possibilité de créer une version améliorée de soi-même, avec des conséquences et des enjeux philosophiques. Une idée qui a tout pour donner lieu à une réflexion fascinante sur l’identité et la perception de soi. Malheureusement, le film ne fait que répéter à l’excès sans subtilité aucune: Tout est surligné, martelé, comme si la réalisatrice prenait le spectateur pour un simplet.

Le traitement manque cruellement de finesse (oh… le méchant producteur s’appelle Harvey…), sans parler des incohérences scénaristiques... monstrueuses: Demi Moore semble miraculeusement trouver des mètres carrés supplémentaires chez elle pour aménager une chambre à son "Autre". Les règles du switch sont elles aussi absurdes : pourquoi doivent-elles être nues ? Une contrainte gratuite qui ne semble exister que pour cocher une case esthétique. Plus étrange encore, elles se laissent dormir à même le carrelage, comme si leur confort ne comptait plus du moment des lors qu’elles se transfèrent. Mais le plus gros problème vient de la logique même de l’expérience. Les deux entités ne partagent visiblement pas leurs souvenirs, alors pourquoi Demi Moore ne met-elle pas simplement un terme à ce processus, qui ne lui apporte rien d’autre que des emmerdes ? Pourquoi s’acharner à maintenir une situation qui, dès le départ, ne lui offre aucun réel bénéfice ?

Visuellement et narrativement, The Substance ressemble à ces films de plateformes qui misent sur une esthétique léchée et un pitch accrocheur, mais s’effondrent sous le poids de leur écriture démonstrative. Une sensation renforcée par un final grand-guignolesque, qui aurait pu être jouissif s’il ne contrastait pas aussi maladroitement avec la première partie du film.

Malgré l’efficacité de Demi Moore et Margaret Qualley, l’ensemble reste plat, sans la profondeur qui aurait pu faire la différence. Visuellement et narrativement, The Substance ressemble à ces films de plateformes, qui misent sur une esthétique léchée et un pitch accrocheur, mais qui s'effondrent sous le poids de leur écriture.

Cette sensation est renforcée par un final grand-guignolesque, qui aurait pu être jouissif si il ne contrastait pas aussi maladroitement avec la première partie du film.


Korleone
4
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2024

Créée

le 16 févr. 2025

Modifiée

le 4 mars 2025

Critique lue 13 fois

Korleone

Écrit par

Critique lue 13 fois

D'autres avis sur The Substance

The Substance

The Substance

9

Rolex53

le 10 oct. 2024

Suivre

Elle en pire

Elisabeth Sparkle (Demi Moore) ne fait plus rêver. Son corps se fissure un peu plus chaque jour sur Hollywood Boulevard. Une étoile sur le Walk of Fame qui ressemble désormais aux scènes fanées d'un...

The Substance

The Substance

6

Sergent_Pepper

le 6 nov. 2024

Suivre

Substance (without subtext)

Idée maline que d’avoir sélectionné The Substance en compétition à Cannes : on ne pouvait rêver plus bel écrin pour ce film, écrit et réalisé pour l’impact qui aura sur les spectateurs, et la manière...

The Substance

The Substance

1

lhomme-grenouille

le 10 nov. 2024

Suivre
Dernière modification

le 10 nov. 2024

The Subtility (cette ennemie)

Bon... Eum...On en parle de ce film ?Non mais je veux dire : on en parle SÉRIEUSEMENT de ce film ?Parce que, bon, moi, à la base, il se trouve que je n'en savais strictement rien avant d'aller le...

Du même critique

Salade grecque

Salade grecque

9

Korleone

le 15 avr. 2023

Suivre

Critique de Salade grecque par Korleone

Quand j'avais 19 ans, j'ai découvert l'Auberge espagnole et je suis tombé amoureux de ses personnages hauts en couleur. J'ai suivi leur évolution au fil des suites et chaque retrouvaille était un pur...

La Bataille De Gaulle - Partie 2 : J'écris ton nom

La Bataille De Gaulle - Partie 2 : J'écris ton nom

7

Korleone

le 28 juin 2026

Suivre

A la Volonté du Peuple

Plus que de Gaulle lui-même, c'est la naissance de la Résistance et le ralliement progressif du peuple qui deviennent le centre du récit. Antonin Baudry élargit un peu son regard et s'attache aux...

Mother Mary

Mother Mary

8

Korleone

le 20 mai 2026

Suivre

There’s Something About Mary

Après A Ghost Story que j'avais bien aimé, je retrouve David Lowery dans Mother Mary: Moins contemplatif, on reste malgré tout dans un cinéma de la métaphore et du symbole: la célébrité, sorte de...