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Elle en pire
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Oui, d’abord un peu d’histoire du cinéma.
Si dans la Bible, toute cette histoire de paradis perdu commence avec Eve, à Hollywood, mesdames messieurs, toute cette histoire d’un public réclamant toujours une plus jeune que toi, la star d’aujourd’hui, toute cette histoire commence avec All about Eve.
Pour ce qui est du procédé utilisé pour parvenir à l’eternelle jeunesse du portrait de Dorian Gray, bien avant qu’on parle de « body horror », Corman, dans The Wasp Woman en 59, bien avant le remake de 95 (inversion des chiffres de l’année), m’avait déjà procuré des émotions bien sympathiques avec la monstrueuse mutation de la très belle Susan Cabot passant de la taille de guêpe à la guêpe de taille.
Maintenant la « substance » du message.
Les lèvres de Sue, la version « plus parfaite » d’Elisabeth Sparkle (vf « étinceler ») démultipliée en un grand nombre de petits écrans sur le plus grand, ça me rappelle, non seulement les soupes de boites de soupe Campbell, peintes par l’inventeur du« quart d’heure de célébrité », mais également le même traitement d’une photo du visage de Marilyn Monroe ( qui joue d’ailleurs un petit rôle dans All About Eve, cité plus haut).
Ça en dit, Warhol, plutôt long sur un monde où une femme, surtout une femme, est « prête à tout » (titre français de To Die For, 1995) pour être le premier choix d’un jury exclusivement masculin.
Le film est réalisé par une femme, trois quart de siècles après ceux d’une prénommée Ida, celle qui entendit une fois en réunion de travail « Gentlemen and Miss Lupino », mais seulement trois ans après Titane, première Palme d’Or à Cannes attribuée à une femme sans ex-æquo masculin.
Entre Titane et celui-ci, quel rapport ?
Le corps et le gore.
Ici, pour ce qui est du gore, on peut penser, quelques instants seulement avant la fin : « Trop de gore tue le gore, trop de métamorphoses « elephantwomanesques » tuent la première d’entre elles.
Mais arrive la musique du 2001 de Kubrick.
Et alors coïncident les fins de chacun des deux films à travers l’extrême vieillissement humain dans les deux cas.
Et alors je me dis : « J’ai vu une excellente satire de l’univers des chaines de télé et de leurs exigences, doublée d’une incarnation moderne du personnage de la belle-mère de Blanche-Neige qui demande inlassablement au miroir qui est la plus belle, triplée d’un message moral faustien disant que, même au paradis qu’est la Californie, il ne faut pas vendre son corps au diable car la soi-disant « meilleure version de vous-même » est en réalité sa pire ennemie. »
Créée
le 11 sept. 2025
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