Il y a deux écoles lorsqu'il s'agit d'adapter un livre au cinéma : ceux qui veulent une reproduction presque littérale à l'écran, et ceux qui comprennent que le cinéma et la littérature sont des domaines différents, avec leurs propres règles et leurs propres langages.
(Facile de deviner où je me situe.)
L'adaptation est un exercice très difficile. Il faut réussir à comprendre l'œuvre, se l'approprier et lui offrir un nouveau regard... en veillant à ne jamais la dénaturer.
Ici, l'adaptation est réussie. Atmosphère présente, texte respecté, esprit kafkaïen. Mais le film n'apporte strictement rien de plus que le roman ne m'avait déjà offert. J'ai eu le sentiment de relire le livre plutôt que de découvrir un véritable film.
Peut-on questionner l'utilité d'un film ? Je n'ai pas de réponse.
Cela dit, je préfère sans doute une adaptation excessivement fidèle et respectueuse, qui n'apporte rien, à une relecture qui trahit son matériau d'origine.