Je ne sais plus comment The Unbinding a fini dans la liste de mes envies (une mention dans un essai du Fossoyeur de Films ou autre vidéaste sans doute), peut-être même est-ce par accident, par misclick. Toujours est-il qu’en écrémant cette bien trop longue liste et en tombant sur cette œuvre notée par 13 membres et affichant le genre “Épouvante-Horreur”, je ne savais pas dans quoi j’allais m’embarquer.
Car dès les premières minutes, je croyais avoir à faire à un mockumentaire sur une équipe d’enquêteurs du surnaturel. Un mélange de streams live où il ne se passe pas grand chose (évolution naturelle du found-footage), de reconstitutions laissant distinguer des monstres et d’interviews face caméra qui théorisent le paranormal par une approche pragmatique et consciente de la prépondérance de supercherie et de surinterprétations de phénomènes naturels dans ce milieu. Tout ça avec une narration continue qui vient combler les manques à l’image, tant et si bien que si l’on décroche 5 secondes de ce flux vocal ininterrompu on finit par perdre le fil. Je n’étais pas entièrement convaincu, mais le dispositif apportait une ambiance assez singulière, plus étrange que inquiétante car la survie des protagonistes semblait toute désignée par la présence de voix-off.
Alors j’attendais la bascule, le moment où tout ce dispositif s'écroulait pour un payoff qui justifierait la relative vacuité de l’exercice. Jusqu’à ce que je me rende compte qu’il s’agissait en fait d’un véritable documentaire. Que tout ce que l’on me racontait, tout ce que l’on me présentait comme faits de l’affaire, était extrêmement premier degré. Que l’on croyait vraiment que j’allais gober que mettre un casque sur les oreilles d’une sorcière new-age l'empêchait d’entendre les voix de ses comparses présents dans la pièce. Que je boirais le Kool-Aid de l’amoncellement de coïncidences qui ne pouvaient finalement en être, comme si les “enquêteurs” n’étaient pas au fait de ce qu’ils “découvraient” par hasard quelques années après les “faits” en présence d’une caméra. Que l’on me prenait vraiment pour un con.
Si j’avais su la nature documentaire du métrage, je ne l’aurais jamais lancé. Les chasseurs de fantôme avec leur trouillomètre-positronique en poche ont le vent en poupe grâce à la crédulité d’une partie suffisante du public (comme les extrêmes), mais ils n’en restent pas moins des charlatans qui vivent sur le dos des croyances et espoirs des gens. Pire, The Unbinding aborde cet aspect pour mieux tenter de se crédibiliser par la suite, dans un postulat qui dit clairement : “d’habitude c’est du chiqué, mais cette fois c’est vrai!”.
Le film est donc vain, formellement inintéressant, et loin d’être inoffensif. Mais il aura au moins le mérite de remettre en lumière les déviances exploitatrices contre lesquelles lutte James Randi dans An Honest Liar.