The VelociPastor s’impose comme l’un des nanars les plus généreux et attachants. À l’heure des blockbusters calibrés, le film de Brendan Steere rappelle qu’une imagination débridée et 35 000 dollars peuvent suffire à créer un objet culte. Le pitch – un prêtre new-yorkais (Greg Cohan) contaminé en Chine ( la ou ne dieu n'est pas) par une relique qui le transforme en vélociraptor pour combattre des ninjas trafiquants de drogue – assume son non-sens avec un sérieux désarmant. Cette juxtaposition d’archétypes (film de monstres, vigilante movie, récit christique, kung-fu des eighties) produit un cocktail quasi surréaliste.Le film ne masque jamais son micro-budget : costumes en latex, matte paintings évidents, et l’explosion de voiture remplacée par le carton « [VFX: CAR ON FIRE] » sont autant de clins d’œil complices au spectateur. Ce refus de tromper sur la marchandise transforme chaque limitation technique en gag méta.Greg Cohan, tout sourire de gospel, et Alyssa Kempinski, prostituée au grand cœur, jouent le premier degré total. Leur conviction donne de l’épaisseur émotionnelle à des scènes qui pourraient n’être que parodiques. Derrière les raptors en carton-pâte, le film égratigne gentiment la corruption religieuse, l’impérialisme occidental et le manichéisme des films d’action. Rien de lourd : ces brocards sociopolitiques sont intégrés comme des épices dans un grand ragoût pulp.VerdictThe VelociPastor n’est pas un chef-d’œuvre de cinéma traditionnel ; c’est mieux : une déclaration d’amour au 7ᵉ art artisanal, libre et joyeusement iconoclaste.