Cinéaste en perdition, qui n'arrivait plus à se réinventer, Shyamalan est un des rares réalisateurs à avoir effectué une magistrale sortie de route. Empêtré dans l'effroyable machinerie hollywoodienne à deux reprises avec deux blockbusters nanardesque et décevant (Avatar, le dernier maître de l'air en 2010 et After earth en 2013) et traversé par une filmographie en dent de scie, M. Night, jadis, surnommée le maitre du Twist (surnom plutôt dévoué maintenant à Nolan), nous avait habitué à mieux. A titre nostalgique, je pense évidemment à Sixième sens et le Village, deux coup d'éclats surprenants et effrayants prouvant que l'épouvante peut se jouer sur la sobriété et non à base de surenchères d'effets spéciaux et de cadrages volontairement poussifs et conventionnels.
Pour son nouveau long-métrage en tant que scénariste, producteur et réalisateur, Shyamalan a choisit le found-footage, récurrent ces derniers temps et popularisé par Le projet Blair Witch en 1999 et REC en 2007. Rien de mieux que de se plier à la tendeance qui domine le cinéma de genre pour orchestrer son grand retour vers un cinéma qui finit par lui être préjudiciable. En s'associant à la société de production Blumhouse (Sinister, Insidious), il a fait le choix du changement vers un style qui lui est inconnu, un passage obligé et risqué car sa "patte" artistique commençait à lasser et à perdre en efficacité. Rénover la devanture sans toucher aux fondations en quelque sorte. Force est de constater que son dernier film est une bonne surprise !