Je le sens venir depuis un moment mais je ne peux que l'assumer aujourd'hui: M. Night Shyamalan est bel et bien en train de devenir mon réalisateur favori. Et ce film (sur lequel il a eu un total contrôle créatif) ne peut que confirmer cette pensée.
The Visit est donc l'histoire de deux enfants dont la mère s'est disputée avec ses propres parents plusieurs années (15 ans je crois) avant le début de l'intrigue. Ceux çi désirent rencontrer leurs petits enfants. Notons qu'en parallèle à tout ceci, le père des deux jeunes les a abandonnés, eux et leur mère, quelques années auparavant. Et c'est l'intrication de ces deux trames qui, n'ayons pas peur des mots, rend ce film brillant.
Pour commencer l'histoire des grands parents. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, cette histoire est absolument TERRIFIANTE. Parfaitement bien mené, les acteurs sont très bons, avec une mention spéciale aux deux enfants qui jouent tout de même extrêmement bien pour leur jeune âge. Les acteurs qui jouent les vieux sont bons également (mention spéciale bis pour Mamie qui m'a donné envie de brûler mes vêtements et mes cheveux.). Mais c'est dans le thème en lui même que ce film est fort: les grands-parents sont, dans l'imagerie populaire, le symbole même de la douceur, du réconfort, de la chaleur familiale et des bons moments passés ensemble, en un mot de la sécurité. Et ce film frappe pile à cet endroit, occasionnant une perte de repères assez perturbante pour le spectateur qui ne fait qu'amplifier l'impact du twist final, twist qui m'a personnellement fait remonter mes bollocks au niveau de mon hypophyse.
Mais la conclusion finale permet d'apporter la résolution au problème qu'est le père. Les deux enfants, on s'en doute, gèrent assez mal la disparition de leur père, et les évènements autour du film (no spoil, t'as vu) permettent à la mère de donner un ultime conseil à l'un de ses enfants, conseil qui, écouté par toi, larvaire cinéphile, n'a du être pris que comme une tentative de donation de morale mal placée. Mais pour d'autres, ce conseil a eu un réel impact, et, l'Univers ayant une passion malsaine pour les coïncidences, est peut-être tombé dans l'oreille d'un spectateur qui, pour de multiples raisons, en avait besoin à ce moment précis de sa vie. Ce fut mon cas.
Le mot de la fin sera pour la mise en scène, le format found footage utilisé pour le film est particulièrement bien mené, et magnifié par l'utilisation de deux caméras (une par enfant, meh.) , ce qui permet de jongler entre deux prises deux vues parfois très différentes, accentuant l'aspect angoissant du film.
Pour conclure, je dirais que Monsieur Shyamalan à tout d'un grand réalisateur, un univers absolument fascinant et très particulier, et que ce film ne fait que prouver l'immense talent de cinéaste de ce génie.