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Ce qui apparaît dès ce premier film, c'est que, déjà, Robert Eggers se démerde sacrément bien du point de vue formel. J'ai eu l'agréable impression de suivre une suite de toiles de peintres flamands pendant toute la durée du long-métrage. En outre, il choisit bien son maître cinématographique avec Carl Theodor Dreyer, non seulement pour le visuel (la scène de la baratte n'aurait pas détonné dans une oeuvre du réalisateur d'Ordet !), mais aussi pour l'atmosphère austère jusqu'à en devenir anxiogène (ce qui fait que le premier tiers assure globalement !).

Ensuite, c'est un excellent directeur d'acteurs et d'actrices. Il s'agit d'un sans-faute. Et il n'est guère étonnant qu'Anya Taylor-Joy (dont c'est le premier rôle au cinéma !), par son talent et son charisme, ait largement confirmé par la suite.

Bon, il y a quelques maladresses de montage (je pense au moment du père et des fagots de bois !), mais cela reste anecdotique.

Par contre, il y a clairement un gros problème d'écriture qui fait passer l'ensemble à côté d'un potentiel formidable. Dans un film d'horreur ou d'angoisse en général, ce qui fait le plus peur, ce n'est pas le fait de savoir, c'est le fait de ne pas savoir, ce n'est pas ce que l'on voit, c'est que l'on ne voit pas. C'est une chose qu'avait pleinement saisie Jacques Tourneur. Et, plus tard, d'autres grands comme Polanski ou Spielberg l'ont, eux aussi, très bien comprise.

Alors, est-ce la famille qui, gangrenée par leur rigorisme religieux et l'isolement dans lequel elle vit, est folle au point de rejeter injustement l'une de leur membre ? Est-ce que la rejetée ne le serait pas à juste titre parce qu'elle est dangereuse ? Y a-t-il une atmosphère viciée par la sorcellerie ? Le fait de ne pas savoir... que c'est angoissant... ah bah non, on le sait très vite en fait. Bonus, on le voit aussi. Mouais, ce n'est plus du tout flippant d'un coup, ni intéressant d'ailleurs.

Laisser le spectateur ou la spectatrice se faire sa propre opinion ? Non ? Euh OK. Dommage qu'Eggers n'ait pas suivi les modèles de Tourneur, de Polanski, de Spielberg, de Kubrick aussi. Ah oui, et Dreyer... Dans Jour de colère (qui est certainement le film du cinéaste danois dont Eggers s'inspire le plus non seulement pour le visuel et l'atmosphère, mais aussi pour l'époque pendant laquelle se déroule l'action ainsi que les thématiques !), ben, Dreyer laissait beaucoup de place à l'interprétation du spectateur ou de la spectatrice. Pourquoi le jeune metteur en scène de The Witch n'a pas respecté entièrement les enseignements bénéfices de son maître ?

La séquence finale enfonce le clou et achève de contredire maladroitement tout le propos sur la religion. C'est regrettable tout ça. Avec un scénario beaucoup plus rigoureusement écrit et cherchant garder une part de mystère, cela aurait pu donner quelque chose de très bon. Quelle frustration.

Plume231
4
Écrit par

il y a 12 jours

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7 commentaires

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