Après It Follows l'année dernière, c'est au tour de The Witch de nous prouver cette année que le cinéma d'épouvante n'est pas mort. Qu'en dehors des grosses productions toutes plus mauvaise les unes que les autres sortants depuis une quinzaine d'années (les Saw, American Nightmare, Paranormal Activity et autres Annabelle) il existe encore un cinéma d'épouvante qui ne prend pas son public pour une bande d'idiots. The Witch est une petite production indépendante qui s'est fait connaître de festivals en festivals en créant un véritable buzz. Un parcours tout à fait similaire à celui d'It Follows l'année dernière. Il est encore trop tôt pour dire si The Witch remportera le même succès que le film de Robert Mitchell (qui rien que lors de sa sortie en salles aux USA a rapporté sept fois son budget). Mais ce qui est sur c'est qu'il mérite de marcher dans les mêmes traces.
Tout à fait atypique dans le paysage cinématographique actuel, The Witch place son intrigue en Nouvelle-Angleterre en 1630. C'est là qu'une famille de colons fanatique religieux se retrouve confrontée, suite à leur bannissement, à des événements surnaturels liés à la sorcellerie. Le scénario est particulièrement bien construit. Il est le fruit d'un réel travail de recherche historique sur cette époque et le rapport que l'homme y entretenait avec la sorcellerie. Il faut bien reconnaître que l'intrigue à en effet un côté très authentique. Que ce soi au travers du calvaire quotidien des premiers colons, des mythes, du rapport à la religion ou encore de l'obscurantisme, l'on sent un souci du réalisme très poussé.
Cela n'empêche pas évidemment pas le film de s'aventurer vers le surnaturel. Mais il le fait de façon très subtil, nous nous interrogeons également sur les événements. Le poids de la religion est tellement encré au coeur du récit qu'il nous pousse à douter de ce qui se passe. Serions-nous, comme cette famille, les victimes d'un fanatisme religieux? Même si le doute n'est rapidement plus permis, la peur se dégage tout autant de cette forêt, où la sorcellerie est maître, que de la cellule familiale qui succombe à ces croyances. La terreur s'installe de manière insidieuse, de façon aussi anodine qu'au travers du regard d'un lapin sauvage ou d'une chanson d'enfant parlant d'un bouc... Lentement elle nous enferme pour nous conduire vers une dernière demi-heure tout simplement effrayante.
Car oui, The Witch fait peur. Mais ce n'est pas là sa seule qualité. Plastiquement sublime, le film rappelle souvent des toiles de grands maîtres. Même s'il ne m'a pas choqué et envouté comme l'avait fait il y a un an It Follows, The Witch restera surement comme le film d'horreur le plus réussi de 2016. Porté par une atmosphère atypique, une réalisation superbe et une terreur viscérale ne reposant ni sur le gore, ni sur les jumps-scares, The Witch nous emporte facilement vers des sommets d'angoisses.