Le point fort du film c’est d’aller jusqu’au bout de son propos sans jamais tomber dans la facilité ou le second degré, tout en gardant cette formidable esthétique glaciale et boueuse. Le parcours de Thomasin (formidable actrice d’ailleurs) est au moins aussi « badass » que vos clowns nihilistes dealers de crack qui ne défendent que leur capacité à gagner du pognon ou à défendre leur pré carré. Ici l’héroïne choisit le chemin sacrificiel de l’abandon des croyances, du rejet de la famille, de la société et du choix de la solitude pour se parjurer dans l’ignominie en toute connaissance de cause. Ou comment s'éléver (dans tous les sens du terme) au dessus de la misérable condition humaine à travers une odyssée solitaire dans les profondeurs de la nuit et du monde… On n’est pas si loin de Carpenter et Lovecraft dans la vision cauchemardesques de ces sociétés humaines organisées autour de fausses idoles et terrassées par des forces inhumaines insurmontables. On n’est plus si loin du chaos.
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