Une famille au XVIIe, dans le dénuement, vivant au bord d'un bois hostile, forcément hanté par une créature maléfique. Arrive ce qui doit arriver.
Alors oui, c'est relativement convenu et ceux qui veulent du twist changeront de salle. Tout comme ceux qui trouvent rasoir les histoires de grandes filles qui jouent avec un balai le soir de pleine lune.
Pour ceux qui resteront, c'est là que ça devient intéressant.
- Parce que c'est sobrement filmé et que cette famille du XVII est criante de vérité.
- Parce que c'est aussi une aventure sonore, taillée pour le film. D'ailleurs j'ai passé la première partie du film avec des passages de Liars "They Were Wrong, So We Drowned" en tête, l'album le plus witchesque que je connaisse. C'est donc que l'ambiance était là.
- Parce que ca ne prend pas le spectateur pour un imbécile (exit le jumpscare mode : le "Mon Dieu, un bruit, ah ouf c'était le chat/un ragondin/le voisin qui sortait ses poubelles"). L'horreur est réelle, mais aussi dans le regard amour/haine que se porte cette famille.
- Parce qu'ayant bouffé de la Bible dans ma jeune enfance, voir cette famille de bigot se dépêtrer avec le Malin réveille quelque chose de profond, quelque chose qui me plaît de remuer pour me sentir vivant, pour renouer avec ce petit garçon écrasé par l'infini tout et l'infini rien.
On pourra causer de la fin (ou pas) qu'on jugera finement amenée/superflue/convenue/cryptique/jouissive/décevante... j'ai pas encore choisi... mais ca interroge.
Bref, simple histoire de sorcière, ou remue-ménage dans quelque terreur primaire, j'ai aimé.