Pour certains Shining, n'est pas un film d'horreur. D'une certaine manière, ils ont raison. Kubrick ne sait pas instiller la peur malgré tout son talent. Mais il a fait beaucoup mieux, il provoque un profond malaise : il prend le spectateur à la gorge devant la folie de l'Homme.
The Vvitch, est pour moi le digne héritier de ce genre de film. On sursaute certes une ou deux fois, mais si l'on cherche le gore d'un SAW ou la surprise constante d'un film de Freddy Krueger, il vaut mieux passer son chemin...
Nous sommes ici face un vrai film de cinéphile. Le film n'essaie pas de délivrer de message. Il raconte simplement une histoire.
L'histoire d'un malaise très profond. Celui d'une famille protestante implantée aux Etats-Unis et rejetée par sa communauté.
Tout au long de l'oeuvre, notre esprit est mis à rude épreuve tandis que notre vue est intégralement satisfaite. Une réussite due au véritable de talent de l'intégralité du casting et à la photographie incroyable de Jarin Blaschke. Là où Nicolas Winding Refn échoue à nous mettre mal à l'aise face au glamour gore et techno de Neon Demon, Robert Eggers nous plonge dans la crasse humaine du XVIème siècle par des couleurs désaturées, des décors et des costumes insalubres et un fanatisme chrétien exacerbé.
Un exemple : imaginez "Une Charogne" de Baudelaire mis en image...
Un délice. Un délice très malsain. Un péché ?