La fin des années 1960 et le début des années 1970 ont relancé le film noir américain. Les privés reviennent à la mode dans des récits alambiqués au cœur d’une société gangrénée par des mœurs pour le moins légères. Si James Garner incarne ici, non un privé, mais un chef de la police locale, on retrouve cependant toutes les figures du genre : un enquêteur dépassé par les événements qui tombe dans les bras d’une jolie jeune femme, des personnages hauts en couleurs à foison, des femmes fatales qui portent la guigne, des cadavres qui tombent de partout et une atmosphère languissante qui s’intéresse plus à ses drôles de personnages qu’à son intrigue. À ces éléments, s’ajoute un soupçon de whodunit qui donne une dimension supplémentaire au film. Le résultat, hélas, se regarde avec un ennui poli en dépit de son chouette casting et de son intrigante histoire. Il faut avouer qu’il se passe peu de choses, que le rythme ronronne paresseusement et que la romance concourt à rendre l’ensemble assez terne.


Filmé comme un téléfilm, multipliant les scènes à plans fixes, globalement très bavard, on comprend assez vite que le résultat ne va pas tenir la distance. James Garner, qui endosse un rôle à la Jim Rockford quelques années avant l’heure, ne paraît jamais menaçant ou menacé, et traverse le récit avec une étrange distance. Le parti-pris de James Goldstone le montrant régulièrement, lui et ses hommes, comme des loosers potentiels renforce cette idée d’une peinture de cette Amérique de l’Ouest peuplée de femmes et d’hommes pas toujours dégourdis et aux mœurs discutables. La présence du chien, elle, n’est qu’un leurre. D’emblée, on le sait innocent et les relations qu’il entretient avec le chef de la police sont tantôt tendres tantôt tendues. Bien entendu, il est une des clefs de l’énigme, mais sa présence est globalement mal exploitée.


On a donc un tout petit film décevant qui refuse le spectaculaire et qui ne parvient jamais à rendre son intrigue réellement mystérieuse et palpitante. Il y avait, de toute évidence, mieux à faire, mais la réalisation manque cruellement de souffle et, surtout, l’ensemble de style. On pourra se consoler avec cette atmosphère typique des années 1970 à la fois légère et artificielle qui cache toujours une vérité peu reluisante derrière le verni qu’elle affiche. Mais le manque de profondeur de l’ensemble, le récit pas assez fouillé et l’absence générale de style condamne le résultat à n’être qu’un titre oubliable.


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le 3 janv. 2026

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PIAS

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