Ce tout premier film de George Lucas est en fait le développement d'un court-métrage qu'il avait commencé à l'âge de 23 ans alors qu'il était encore étudiant. Il offre une vision très pessimiste du futur à travers une idée déjà usée de la Terre après une apocalypse nucléaire, une variation sur le thème du "1984" de George Orwell. Mais Lucas innove avec cette description crédible d'êtres humains fichés par des codes à 3 lettres et 4 chiffres dirigés par des machines.
C'est très différent de la science-fiction des années 50 dont le thème était la peur de l'atome, ici on est dans l'anticipation, la dystopie, dans un univers froid, aseptisé, mécanisé, déshumanisé, sans âme et vide de toute émotion puisque l'amour y est interdit et les naissances contrôlées sévèrement. Ce sentiment est accentué par des décors blancs et minimalistes très impersonnels de monde souterrain éclairé par une lumière artificielle, où règne l'hygiène (pas de cheveux, tout le monde a le crâne rasé, même les femmes) et l'absence de fantaisie et de gaieté. Forcément, il y a des réfractaires à ces lois strictes où la police est assurée par des robots, puisqu'un certain THX1138 va s'éprendre d'une certaine LUH3417.
C'est donc une vision très rébarbative et sombre de l'avenir, conforme à la plupart des films de SF qui sortiront dans cette décennie 70, tels Soleil Vert, l'Age de cristal, New York ne répond plus... mais contrairement à ces films qui disposaient de gros budgets, le film de Lucas fut tourné avec un budget ridicule, c'est l'antithèse de Star Wars...
La bonne dénonciation d'une certaine société en brassant plusieurs thèmes reste intéressante, de même que les performances d'acteurs de Robert Duvall et Donald Pleasance, mais l'ambiance un peu claustrophobique, le manque de dynamisme, le ton froid un peu pesant et la sécheresse de la mise en scène rendent le film peu captivant, en tout cas ce monde futur est très démoralisant, si c'est ce qui nous attend quelque part, autant se flinguer, il n'est donc guère étonnant de savoir que ce fut un échec commercial à sa sortie (mais le film impressionna favorablement les responsables du studio Universal)... je l'ai revu il y a peu dans sa version d'origine (sans les rajouts numériques opérés par Lucas), et j'ai eu ce sentiment, en même temps qu'une certaine idée de la liberté individuelle qui brave une autorité, mais ça reste un film expérimental et à l'originalité esthétique, à voir par curiosité et plus si affinité...

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le 2 mars 2020

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Ugly

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