Grand-père dans les tirailleurs algériens et quelques connaissances historiques, donc..
Limite en colère après avoir vu ce film, qui sans mauvais jeu de mots, rate sa cible.
Et encore 5, c’est pour le choix d’évoquer ces tirailleurs qui ont payé de leur vie ou sont restés pour toujours traumatisés en parlant d’avoir dû tuer, les yeux dans les yeux, à la baïonnette, d’autres très jeunes qui étaient juste «de l’autre camp ».
Les scènes de bataille sont édulcorées, insignifiantes et indignes d’un film à gros budget, l’ensemble est truffé d’incohérences voire d’erreurs.
Le début est correct bien que simpliste. Puis ça part en longueurs assez ennuyeuses, même s’il est vrai que les différentes ethnies, comme d’ailleurs beaucoup de soldats, n’étaient pas du tout les «frères d’armes » que certains films voudraient nous faire croire. Chacun, et c’est tellement compréhensible, chair à canon de tous horizons, ne pensait qu’à survivre à cette boucherie.
Par contre, les tirailleurs présents dans une zone étaient beaucoup plus souvent envoyés en première ligne, avaient encore moins de considération et leur possibilité d’avancement était très très limitée et j’en passe…
Donc (attention je spoile, ce que j’évite), les incursions longues dans le no men’s land, sans que les allemands, que l’on ne voit d’ailleurs que quelques minutes, n’aient une sentinelle qui fasse feu, c’est très très peu crédible. Passons encore sur d’autres incohérences mais faire croire qu’un tout jeune, fraîchement arrivé, puisse passer caporal, juste sur un claquement de doigts, qu’en France, il reçoive les honneurs (et la belle blonde) et retourne en Afrique, retrouve tous les siens et vu comme un héros, ça fait beaucoup !
La toute fin est totalement impossible (ce qui est regrettable) : l’armée française a mis un point d’honneur à ce que le soldat inconnu ne soit surtout pas un soldat des colonies. Il y avait d’autres indices qui accompagnaient les dépouilles qu’un simple couteau dérobé… et le tri, le choix de ce soldat a été très long et minutieux (voir La vie et rien d’autre qui lui est un chef d’œuvre).