Porté par Karin Viard dans le rôle d'une expatriée française (encore !), mère et cadre dans une banque au Japon, Tokyo Shaking revient sur le tremblement de terre de 2011, qui a provoqué un tsunami et des dommages importants sur une centrale nucléaire de Fukushima... En se servant de cette toile nippone submergée par une catastrophe naturelle, le réalisateur Olivier Peyon met en scène une tragicomédie où la responsabilisation individuelle et la solidarité en temps de crise sont au centre. L'ouverture du film est très malin et dynamique et confronte, via une série de bons exemples, l'indiscipline française au stoïcisme nippon, réglementé par des us et coutumes insensés pour des occidentaux. Le personnage principal, très justement joué par Karin Viard, est un bon petit soldat, une carriériste qui a suivi le courant sans vraiment faire de choix de vie. Sa famille passe en second plan et sa fonction de cadre se réduit à licencier des employés, obéissant ainsi à une politique patronale axée sur la rentabilité économique de l'entreprise. Il n'y a pas de place pour l'humain. Les liens sont factices et le quotidien semble répétitif. Mais lorsque la nature fait des siennes, les masques se dérobent, laissant place à l'égoïsme, la panique ou encore la prise de conscience d'une réalité passée trop longtemps sous silence. Sans cesse tiraillée entre les impératifs de sa direction et la volonté de protéger sa famille et ses collaborateurs, le personnage de Karin Viard improvise dans l'urgence, n'a pas le temps d'avoir peur et défend, presque malgré elle, une certaine idée de l'honneur. Alors oui, une fois les grands chamboulements passés et après une suite de désinformations alarmantes, Tokyo Shaking vogue en eaux incertaines, entre hésitations de son personnage et un scénario qui fait du sur-place. Néanmoins, la satire du monde de l'entreprise reste grinçante et les emportements de l'actrice font écho avec nos propres sentiments d'injustice. C'est donc plutôt cathartique !