Des larmes plein les yeux mais le coeur en fête

"Tout sur ma mère" nous avait enchantés à sa sortie, témoignant d'une évolution sensible d'Almodovar qui semblait faire faire un dernier tour de piste à ses traditionnels personnages hauts en couleur de putes, transsexuels, drogués, artistes bohèmes et ménagères hystériques, leur accordant une sorte d'adieu chaleureux, avant de passer à "autre chose".


Autre chose ? Un cinéma du mélodrame éternel, un cinéma "féminin", sur et autour des femmes, à la manière des grands maîtres en la matière - d'ailleurs cités largement : Cukor, Mankiewicz, Cassavetes. Et ce cinéma-là, il faut bien le reconnaître, est d'une folle générosité, et témoigne d'une furieuse envie de vivre, d'aimer, de partager des sensations essentielles. Ce cinéma-là, que d'aucuns trouveront excessif, fatigant peut-être tant il est saturé d'affects, de rebondissements, de coïncidences forcées, démontre une inextinguible soif de vie : "Tout sur ma mère" se regarde des larmes plein les yeux, mais le coeur en fête.


[Critique écrite en 2011]

Eric-Jubilado
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs films de Pedro Almodóvar, Les meilleurs films espagnols et Les meilleurs films de 1999

Créée

le 3 nov. 2015

Critique lue 822 fois

Eric-Jubilado

Écrit par

Critique lue 822 fois

14

D'autres avis sur Tout sur ma mère

Tout sur ma mère

Tout sur ma mère

10

eloch

417 critiques

La vie au fond des yeux

Fermez les yeux et imaginez une femme, non plutôt une mère se tenant devant l'affiche géante d'une actrice, toutes deux de rouge vêtues, que son fils admire et regardez là flancher quand celui-ci...

le 16 juil. 2013

Tout sur ma mère

Tout sur ma mère

8

FPBdL

310 critiques

Tout sur ma (grand) mère

Manuela et Esteban, la mère et son fils, vivent tous les deux dans leur appartement. Il n'y a pas de père dans cette famille. La proximité est alors le terrain propice d'une très belle relation...

le 26 févr. 2014

Tout sur ma mère

Tout sur ma mère

9

Fosca

194 critiques

Melancolía sin fin ?

Esteban est un jeune homme, pas encore dix-huit ans révolus, un écrivain en herbe qu'il est, un observateur. Son œil et son crayon guettent les pas de sa mère, elle, elle dont la charge est de...

le 29 nov. 2016

Du même critique

Je veux juste en finir

Je veux juste en finir

9

Eric-Jubilado

6842 critiques

Scènes de la Vie Familiale

Cette chronique est basée sur ma propre interprétation du film de Charlie Kaufman, il est recommandé de ne pas la lire avant d'avoir vu le film, pour laisser à votre imagination et votre logique la...

le 15 sept. 2020

Les Misérables

Les Misérables

7

Eric-Jubilado

6842 critiques

Lâcheté et mensonges

Ce commentaire n'a pas pour ambition de juger des qualités cinématographiques du film de Ladj Ly, qui sont loin d'être négligeables : même si l'on peut tiquer devant un certain goût pour le...

le 29 nov. 2019

1917

1917

5

Eric-Jubilado

6842 critiques

Le travelling de Kapo (slight return), et autres considérations...

Il y a longtemps que les questions morales liées à la pratique de l'Art Cinématographique, chères à Bazin ou à Rivette, ont été passées par pertes et profits par l'industrie du divertissement qui...

le 15 janv. 2020