Toxic
-
Toxic

Film de Geethu Mohandas (2026)

3 h de boursoufflure sous stéroïdes made in Sandalwood à la gloire de Yash, dans le rôle principal, mais aussi coproducteur et coscénariste. Comme quoi les divinités du cinéma indien ont le sens du business.

Il n'empêche que ce gangster movie qui suit un schéma déviant de "rise and fall" délivre avec une certaine générosité. Ca délivre même avec beaucoup trop de générosité. Beaucoup beaucoup trop...

Ce qui rend le film assez fascinant, quelque part. D'habitude, on dit que les potards sont à 11, ici ils sont à 21 : violence graphique très marquée, sexe, drogue, alcool, nihilisme total...


Yash s'en donne à cœur joie dans son rôle d'ange de la mort autodestructeur. Une sorte d'incarnation de Shiva en plus balaise, car il boit du whisky, casse des gueules et casse des sommiers en guise de petit-déjeuner et n'arrive pas à mourir malgré une certaine application consacrée à ce but.


Je pense qu'on peut dire sans trop exagérer qu'il n'y a pas un seul plan qui dure plus d'une seconde ou qui soit filmé normalement sans des effets d'accélération ou de ralenti, des zooms ou dézooms, des travellings improbables.

Il y a de la belle chorégraphie d'action, très pompée sur John Wick. D'ailleurs il y a beaucoup de tropes pompés sur le cinéma US et recyclés à la mitraillette. Difficile de les citer tous, mais au moins 10 000 allusions aux films de gangsters, ainsi qu'à Fight Club ou Joker.


A certains moments, on se demande si on est en train de regarder un énorme nanard pan-india avec beaucoup trop de budget (un des plus gros de l'histoire du ciné indien) ou si cet objet filmique est tellement déviant qu'il échappe à tout regard critique.

Etrangement, le troisième et dernier acte réussit à emporter dans sa propre folie jusqu'au-boutiste le spectateur et à le laisser autant médusé qu'épuisé.


Et puis, un film qui met en scène des nonnes ninjas assassines et des clowns taulards tueurs à gages peut-il être vraiment mauvais ? Je vous le demande.


L’entracte de quinze minutes imposé dans certains cinémas devient presque une mesure de santé publique.

CyKoNiKo
7
Écrit par

Créée

il y a 2 jours

Critique lue 27 fois

CyKoNiKo

Écrit par

Critique lue 27 fois

3

Du même critique

L'Agent secret

L'Agent secret

9

CyKoNiKo

il y a 4 jours

Suivre

Critique de L'Agent secret par CyKoNiKo

C'est un grand film comme seul Kleber Mendonça Filho est capable d'en produire.C'est très riche, ça a beaucoup de souffle, c'est sombre mais traversé d'éclats de lumière, de notes d'ironie et d'une...

La Fin d'Oak Street

La Fin d'Oak Street

6

CyKoNiKo

il y a 6 jours

Suivre

Critique de La Fin d'Oak Street par CyKoNiKo

Bon... C'est assez compliqué d'aimer The End of Oak Street de David Robert Mitchell.Je suis plus que mitigé, surtout qu'après 8 ans de hiatus depuis son dernier film, on était en droit d'attendre...

Sous le ciel de Kyoto

Sous le ciel de Kyoto

9

CyKoNiKo

il y a 6 jours

Suivre

Critique de Sous le ciel de Kyoto par CyKoNiKo

J’ai envie de dire tout mon amour pour la cinématographie experte et discrète d’Akiko Ohku. J’avais bien aimé Tempura, mais Sous le ciel de Kyoto m’a bouleversé plus que je ne le pensais, non...