3 h de boursoufflure sous stéroïdes made in Sandalwood à la gloire de Yash, dans le rôle principal, mais aussi coproducteur et coscénariste. Comme quoi les divinités du cinéma indien ont le sens du business.
Il n'empêche que ce gangster movie qui suit un schéma déviant de "rise and fall" délivre avec une certaine générosité. Ca délivre même avec beaucoup trop de générosité. Beaucoup beaucoup trop...
Ce qui rend le film assez fascinant, quelque part. D'habitude, on dit que les potards sont à 11, ici ils sont à 21 : violence graphique très marquée, sexe, drogue, alcool, nihilisme total...
Yash s'en donne à cœur joie dans son rôle d'ange de la mort autodestructeur. Une sorte d'incarnation de Shiva en plus balaise, car il boit du whisky, casse des gueules et casse des sommiers en guise de petit-déjeuner et n'arrive pas à mourir malgré une certaine application consacrée à ce but.
Je pense qu'on peut dire sans trop exagérer qu'il n'y a pas un seul plan qui dure plus d'une seconde ou qui soit filmé normalement sans des effets d'accélération ou de ralenti, des zooms ou dézooms, des travellings improbables.
Il y a de la belle chorégraphie d'action, très pompée sur John Wick. D'ailleurs il y a beaucoup de tropes pompés sur le cinéma US et recyclés à la mitraillette. Difficile de les citer tous, mais au moins 10 000 allusions aux films de gangsters, ainsi qu'à Fight Club ou Joker.
A certains moments, on se demande si on est en train de regarder un énorme nanard pan-india avec beaucoup trop de budget (un des plus gros de l'histoire du ciné indien) ou si cet objet filmique est tellement déviant qu'il échappe à tout regard critique.
Etrangement, le troisième et dernier acte réussit à emporter dans sa propre folie jusqu'au-boutiste le spectateur et à le laisser autant médusé qu'épuisé.
Et puis, un film qui met en scène des nonnes ninjas assassines et des clowns taulards tueurs à gages peut-il être vraiment mauvais ? Je vous le demande.
L’entracte de quinze minutes imposé dans certains cinémas devient presque une mesure de santé publique.