Un film choral de bien piètre facture. Aucune ingéniosité dans la rencontre des personnages, on est loin de l'excellentissime Collision ou du trés bon Amours chiennes. Soderberg réunit tout ce beau casting autour de la lutte contre la drogue. Sujet intéressant jamais exploité de telle manière, cependant le fourmillement extrême des intrigues nous noie sous un déluge d'informations. La globalité arrive heureusement à se comprendre. Au niveau de la réalisation, il faut avouer qu'il y a dans Traffic un je-ne-sais-quoi d'Iñárritu. Peut-être la présence du très bon Benicio Del Toro qui fait là malheureusement une prestation mineure ou l'utilisation de cette caméra-épaule qui nous plonge dans un monde en vibrations.
Traffic empreinte aussi à un autre grand du cinéma. Soderberg est ami avec Tarantino et ça se voit. L'utlisation du sur-dialogue est ici aussi en activité. Sauf que l'effet escompté est bien moins efficace. Mais finalement qu'est-ce que ce film apporte de plus à ce qui a déjà été fait ? Rien de bien génial. Hormis certains plans ingénieux et virtuoses, la photo a déjà été vu (celle utilisé pour le désert mexicain reste quand même très bien faite), l'histoire plus ou moins : un peu de La Soif du Mal par là, de 21 Grammes par-ci, secouez le tout à la sauce Soderberg et on obtient un film bien fait mais pas extraordinaire.
Le scénario reste quand même intéressant. De toute les histoires qui se croisent, la plus interessante et bien celle de la jeune fille qui plonge dans la drogue. Différent de Requiem for a dream, cette descente aux enfers d'une fille de riche prend des allures de perversité. Erika Christensen interprète le rôle avec beaucoup d'aisance.
Traffic est un film bien réalisé mais qui n'apporte rien aux niveau de l'histoire, rien sinon nous divertir sur un sujet grave sans pour autant nous marquer.