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Heroin.
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le 9 sept. 2013
Après avoir lu le roman d’Irvine Welsh, le producteur Andrew Macdonald y voit du potentiel pour une adaptation cinématographique et confie à Danny Boyle la réalisation du long métrage qui jouira d’un accueil critique très positif et se retrouvera classé parmi les meilleurs films écossais et britanniques de tous les temps sur plusieurs palmarès. Je n’irai, pour ma part, pas jusque là et nous verrons pourquoi.
L’héroïne au même titre que d’autres substances psychotropes est un poison lent qui ronge les individus de l’intérieur tout en conduisant ses addicts à chaque prise à un état d’euphorie et de plaisir intense. C’est ce à quoi s’adonnent Renton, le principal protagoniste, et sa bande de potes dégénérés dans la banlieue d’Edimbourg ravagé par le chômage et la précarité. Toute médaille a son revers et aux états d’euphorie et d’excitation intense, que ce soit provoqué par l’héroïne, l’envie de violence pour Begbie ou encore le désir charnel pour Tommy, succèdent les drames, les désillusions, les cures de désintoxication, les hallucinations et j’en passe. Et bien, c’est exactement de cette façon que j’ai appréhendé le film : entre admiration pour le jeu d’acteur, pertinence du scénario et dégoût pour certaines scènes dérangeantes et décalées, je suis assez partagé. Alors, certes, le film reste bon mais il manque de finesse et certains pans du scénario sont brouillons : l’aventure de Renton avec Diane est rapidement éludée, la fin est un peu à l’eau de rose dans la mesure où elle ne surprend pas et les scènes de shoot ne rivalisent pas avec d’autres films comme Requiem of a Dream dans lequel la descente aux enfers est plus haletante même si les objectifs poursuivis par les deux films différent.
Du reste, Ewan McGregor joue cet accroc ambigu et charmeur à la perfection, Robert Carlyle incarne quasiment à lui seule la violence à laquelle il se shoote et le personnage de Sick Boy apporte le grain de folie qu’il manque par moments.
Le film apporte une réflexion intéressante sur la place de la drogue dans la société qui est un véritable destructeur du tissu social comme le suggère la tirade initiale du film avec humour et qui relègue les émotions et les sentiments pourtant inhérents à l’espèce humaine au second plan. La mort du bambin avec lequel le groupe de toxicomanes vivait ne semble pas susciter de leur part une véritable peine : c’est pourtant la tragique conséquence de la négligence provoquée par le speed, le crack et autres cachets aux effets mirifiques.
Toutefois, et c’est sur ce point qu’il se distingue d’autres films sur la drogue, le film est porteur d’un élan d’optimisme et regorge de séquences qui prêtent au sourire même si parfois gênantes comme je l’ai dit. La bande son magistrale participe de cette atmosphère avec l’utilisation d’artistes reconnus des années 1990 comme Iggy Pop et des morceaux de la vague britpop.
Finalement, quand on met bout à bout ces éléments d’analyse, on peut en tirer la conclusion suivante : Danny Boyle réalise une fresque sociale décalée et parfois burlesque qui traite pourtant d’un sujet dur et violent. Un message d’espoir est porté mais ce côté drolatique fait perdre à mon sens de la force au film et la dimension sociale notamment sur la situation en Ecosse est mise de côté. Il y a aussi cette surenchère des scènes dérangeantes et une impudicité récurrente pas forcément utile.
Somme toute, bon divertissement qui vaut le coup d’œil et disposant d’un casting parfois de néophytes qui colle bien et d’un montage très dynamique qui écarte le film de l’ennui.
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le 8 sept. 2018
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