Le cinéma américain traite souvent sous forme de divertissement ce “havre de paix et de tolérance”que sont les Etats-Unis pour ceux qui recherchent la Liberté.
Dans la belle luminosité constante de ce road movie et de rencontres familiales explosives, qui font la charpente de ce long métrage. le mythe est encore une fois égratigné.
Un coup de coeur pour cette réussite pleine de délicatesse, de situations décalées et de dialogues bien sentis. Une rencontre choc entre une transsexuelle et son fils qui s'immiscera dans sa vie.
Duncan Tucker nous brosse une minorité, encore aujourd'hui en difficultés, avec la performance de Felicity Huffman, notamment sur la voix masculine et les postures où jouer le rôle d'un homme qui désire devenir une femme à “part entière” est sobre et sans caricature (voir la série "American crime" pour ses jeux d'actrices toujours justes).
Un personnage volontaire et hors norme et pourtant un brin maniaque sur le bon parler ou encore « le savoir être » qui donne de la profondeur et de la crédibilité au sujet, sans pathos ou message appuyé du genre.
La métaphore du voyage pour signifier une certaine “avancée” dans la réflexion, avec un soupçon de suspens bienvenu pour le choix de notre héro(ïne) à changer définitivement de sexe ou non (?) et en filigrane bien sûr, être aimé et reconnu pour ses différences.
Ce message de la tolérance offre une intrigue tragi-comique qui ne nous fait pas perdre de vue l'enjeu de la différence en optant pour le récit aventuresque, quelques pointes d'humour et descriptions percutantes.
Une narration par le psychologique l'emporte sur le visuel sans frustration, des moments d'émotion pour un film qui tient son rythme, et pour une mise en scène des plus classique, et quelques belles rencontres, qui apporte sa dose de bonne humeur...
Le metteur en scène décrit tout du long un caractère volontaire mais qui se cache aux yeux des autres., les jeux subtils des “miroirs” mélant le paraître, le mensonge, et l'opposition père-mère/fils traitée ouvertement par la parabole du sexe, thème central, pour renforcer l'ensemble : un (e) qui se cache sans cesse, travaillant sa voix et sa démarche et l'autre qui se dénude et montre son corps sans complexe.
Sur ce thème, à voir ou revoir, « Priscilla folle du désert » ou encore « La mauvaise éducation » de P.Almodovar, l'un plus joyeux que l'autre...Pour ici un premier film réussi, ni trop d'humour ni trop de drame et des acteurs fortements inspirés.