Inspiré par les scandales de corruption et blanchiment ayant secoué le Brésil en 2014, Trois Étés met la servante d'une famille aisée (mouillée dans les affaires) au centre de son intrigue.
Mada, joyeuse domestique de la maison Lira, assiste à la chute de ses employeurs. Une fois la cellule familiale balayée de la demeure, ne restent que les employés. Nous assistons à ce chamboulement par le prisme de trois moments, sélectionnés sur trois années (2015, 2016 et 2017).
Ces trois parties (chacune d'une demi-heure), la cinéaste Sandra Kogut parvient à les articuler autour de certaines idées de mise en scène intelligentes. Je pense notamment à cette séquence où Mada s'improvise guide touristique et énumère les demeures dont les propriétaires furent emprisonnés. Ou bien lors d'une dernière partie en forme de mise en abyme. Trois Étés est également illuminé par les prestations touchantes de Regina Casé et Rogério Fróes.
Pourtant, le film ne me convainc pas. D'une part, le procédé (trois parties d'une demi-heure séparées par des ellipses) est redondant. Et il n'est pas supporté par un propos qui semble naviguer à vue entre le drame, la satire et la charge au vitriol.
De la même manière, on sent une volonté d'offrir une peinture plus nuancée mais l'histoire ne creuse jamais cette dichotomie entre les agissements odieux des plus riches et l'apparente passivité des moins favorisés. Au risque de tenter la comparaison déraisonnable, Parasite de Bong Joon-Ho me semble bien plus audacieux, imprévisible et jubilatoire dans ces choix. Trois Étés me semble bien trop tiède pour son propre bien.