Truck Turner
6.7
Truck Turner

Film de Jonathan Kaplan (1974)

Ça commence comme un buddy movie (genre qui n’existe pas encore) avec deux chasseurs de prime qui courent après l’argent en faisant sacrément les marioles. On se croirait presque dans une comédie tant l’acolyte d’Isaac Hayes en fait des caisses en coéquipier relourd à la blague potache facile. Pour parler clairement, ça sent le pur nanar à plein nez. Hormis le générique plutôt classe avec la musique qui va bien (mais c’est jamais un souci avec la blaxploitation et, en plus, elle est signée du maître Hayes en personne), les premiers dialogues sont en roue libre et les deux premiers gags presque gênants. Pour son vrai premier rôle, Isaac Hayes semble se chercher encore mais, assez rapidement, il prend la mesure des choses et le film se met à décoller gentiment. D’abord, parce qu’il abandonne ce ton un peu comique pas très raccord avec l’ambiance du film et puis parce qu’il se met à dérouler son récit. L’intrigue est en elle-même plutôt simpliste mais elle a l’avantage d’être claire et efficace. À la poursuite d’un mac qu’ils doivent ramener à son prêteur sur gages, notre duo finit par lui faire la peau. Sa maîtresse, folle de douleur, jure leur mort et surtout celle de Turner. Elle fait donc appel aux meilleurs tueurs à gages du coin pour leur faire la peau.


De traqueur à proie, le héros permet au film de gagner en intensité et cette deuxième partie est clairement mieux réussie que la première qui avait tendance à connaître d’affreuses baisses de rythme. Courses-poursuites, fusillades, gunfights, le titre aligne tous les poncifs du film d’action mais il le fait, ce qui est loin d’être toujours le cas dans ces productions, avec un réel sens de l’efficacité. Pas toujours très crédibles mais portées par une certaine science de la mise en scène (ce qui n’exempte pas les habituels faux raccords), les séquences s’enchaînent à un rythme suffisamment vif pour entraîner le spectateur dans une histoire caricaturale mais portée par des acteurs charismatiques qui font vraiment le taf (Yaphet Kotto étant un méchant qui a un réel poids à l’écran).


Tout n’est évidemment pas hyper fluide mais l’ensemble fonctionne par sa dimension iconique. Que ce soit Isaac Hayes avec son gros magnum qui tire dans le dos ou dans un hôpital si nécessaire, la dimension « revenge movie » que prend le film lors de son deuxième acte ou ses jolis excès de violence, voilà un titre de blaxploitation tout à fait recommandable qui se regarde à l’aise Blaise comme n’importe quelle série B qui se respecte.


Créée

le 21 juin 2024

Critique lue 32 fois

PIAS

Écrit par

Critique lue 32 fois

3
1

D'autres avis sur Truck Turner

Truck Turner

Truck Turner

7

Fatpooper

14132 critiques

Ce n'est pas que je sois raciste mais j'aurais voulu être black

Un petit film de la blaxploitation de temps en temps, ça ne peut pas faire de mal ! Le scénario est loin d'être parfait : quelques chutes de rythme, une enquête un peu facile, des personnages un peu...

le 24 avr. 2016

Truck Turner

Truck Turner

6

Play-It-Again-Seb

1159 critiques

"Revenge movie" pour une maquerelle

Ça commence comme un buddy movie (genre qui n’existe pas encore) avec deux chasseurs de prime qui courent après l’argent en faisant sacrément les marioles. On se croirait presque dans une comédie...

le 21 juin 2024

Truck Turner

Truck Turner

8

MatthieuV

9 critiques

Il en a un plus gros que Shaft

Truck Turner de Jonathan Kaplan Le titre et la tête d'affiche m'intriguaient trop pour que je passe à côté en toute impunité, de même que ça musique hyper connue, surtout depuis sa ré-utilisation...

le 3 avr. 2013

Du même critique

Le père Noël est une ordure

Le père Noël est une ordure

9

Play-It-Again-Seb

1159 critiques

Du culte en haut de la cheminée

La comédie est un art difficile et ingrat. Quand elle est ratée ou même moyenne, elle est plus vilipendée que les autres genres, sous prétexte qu’elle est prétendument moins ambitieuse et qu’elle...

le 24 mars 2022

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

7

Play-It-Again-Seb

1159 critiques

Le retour de la griffe Goscinny-Uderzo

Depuis la reprise de la série par Ferry et Conrad, nos amis gaulois avaient une sacrée gueule de bois. La disparition de René Goscinny avait déjà très sérieusement entamé la qualité des albums même...

le 22 oct. 2021

Terreur aveugle

Terreur aveugle

8

Play-It-Again-Seb

1159 critiques

Bottes de cuir sans chapeau melon

Le sujet de la proie aveugle n’est pas entièrement nouveau puisqu’il a déjà été traité dans, notamment, Seule dans la nuit quelques années plus tôt. Le parti-pris de ce film écrit par Brian Clemens...

le 18 nov. 2022