J’t’aime bien Clarence... depuis toujours... et pour toujours.
Après l’amour consommé viennent les pleurs, les larmes de peur de cet amour lui-même. Enveloppée dans une couverture, crachant sa fumée de cigarette entre deux sanglots, Alabama (Patricia Arquette) pleure. Elle vient de rencontrer Clarence (Christian Slater). Au cinéma, le projecteur jetait Sonny Chiba (« Street Fighter ») sur la toile et Alabama ses pop corns sur Clarence. Après une tarte et quelques mots partagés, l’électricité et la foudre pointent leurs nez. Ils ne se connaissent qu’à peine mais déjà leurs corps fusionnent sous les néons bleus de l’amour et l’imagerie pop d’une époque. Alabama pleure, elle est call girl. Clarence l’écoute, il est perdu. Ils vont dès lors s’aimer et parcourir la grande Amérique sous le soleil couchant, traverser les pluies d’étoiles rouges et de blanche coco pur sucre pour laisser quelques billets verts simuler un espoir de vie meilleure.
Si Quentin Tarantino (ici scénariste) déclasse l’œuvre de son style en offrant son scénario à Tony Scott (« Top Gun », « Jours de Tonnerre » ou encore « Le Dernier Samaritain »), ce dernier lui insuffle une vision romantique d’une Amérique emplie de clichés mais touchante. A ce titre, « True Romance » est la mise à plat cinéphile, et quasi autobiographique, d’un futur grand cinéaste (Tarantino) et de ses fantasmes les plus érotiques (le soleil de Californie, la violence et l’amour). Le film est aussi une mise en image réussie d’une époque pas si lointaine de la nôtre, une sorte d’instantané des années 90 chargées en espoir comme en désillusion.
Entre blondeur oxygénée et hémoglobine arc-en-ciel, Tony Scott trouve son ton et dégraisse son style jusqu’à la chair pour épouser les dialogues ciselés de Quentin Tarantino et ériger une romance explosive entre deux paumés célestes.
Bande-annonce: https://youtu.be/_wNYNDzKpuQ