Prenez un rappeur underground de la banlieue populaire de Mumbai, associez-le à une influenceuse fortunée des beaux quartiers, secouez le tout sur fond de fracture sociale, puis jetez-les soudainement au fond d'une piscine face à un crocodile affamé. Non, ce n'est pas le pitch d'un nanar généré par une IA sous acide, mais le véritable scénario de Tu Yaa Main, l'adaptation officielle du film thaïlandais The Pool.
Le film souffre d’un syndrome de double personnalité aigu :
- La première heure s'écoute et se regarde comme un long clip Instagram. C'est l'histoire d'amour clichée entre le "hustler" de Nallasopara et la princesse de Colaba. C’est paresseux, c'est bruyant, et on a l’impression tenace d’avoir déjà vu cette satire superficielle des réseaux sociaux mille fois ailleurs.
- La seconde heure bascule sans transition dans le huis clos de survie. C'est là que le film commence (enfin) à avoir du mordant, au sens propre. Prisonniers de ce bassin en béton sous une pluie battante, les deux amants doivent survivre.
Le problème majeur de ce dispositif, c’est l’invraisemblance de son écriture. Le crocodile dévore le moindre figurant qui passe à portée de mâchoire, mais développe soudainement une maladresse pathologique dès qu'il s'agit de s'attaquer à nos deux influenceurs, protégés par un plot armour plus épais que la peau du croco.
On ne s'y ennuie pas totalement tant le mélange des genres est improbable, mais on assiste surtout au naufrage d'une bonne idée de série B, étirée sur deux heures et demie pour complaire aux codes d'un Bollywood qui ne sait plus sur quel pied danser.