Il faut reconnaître une chose à Turbulence : c’est très bien filmé. Visuellement, le film en met plein les yeux et on imagine sans peine qu’une bonne partie du budget est partie dans les effets spéciaux. La montgolfière, les paysages, les scènes aériennes… de ce côté-là, rien à dire.
Malheureusement, quelqu’un a visiblement oublié de garder un peu d’argent pour le scénario et la direction d’acteurs.
Parce que c’est un festival.
Le héros, censé être le gentil de l’histoire, réussit l’exploit d’être antipathique dès les premières minutes. Sa femme est tellement cruche qu’on finit par se demander comment elle a réussi à survivre jusque-là sans assistance respiratoire. La méchante psychopathe, quant à elle, est repérable à deux kilomètres : il ne lui manque pratiquement qu’un panneau autour du cou avec écrit « ATTENTION, JE VAIS DEVENIR TRÈS MÉCHANTE ».
Et puis il y a le pauvre type qui dirige la montgolfière. Lui, dès qu’il apparaît, on sait. On ne sait pas exactement comment, on ne sait pas exactement quand, mais on sait qu’il ne fera pas plus de cinq minutes sur la pellicule. Il a littéralement une tête de personnage venu uniquement pour permettre au scénario de commencer.
À partir de là, Turbulence devient une succession de situations parfaitement prévisibles entrecoupées, paradoxalement, de scènes totalement imprévisibles… simplement parce qu’aucun être humain normalement constitué ne ferait ce que font les personnages.
Chaque fois que le scénario a besoin d’un nouveau rebondissement, quelqu’un prend donc une décision complètement débile, à commencer par vouloir se battre ou insulter quelqu’un dans cette fragile nacelle qui se balance à 2 kilomètres du sol.
Et comme tout le monde semble rivaliser pour savoir qui prendra la décision la plus stupide, le film parvient malgré tout à nous surprendre. Pas parce qu’il est ingénieux, mais parce qu’on se dit régulièrement : « Non… ils ne vont quand même pas faire ça ? » Eh bien si.
Le problème fondamental est d’ailleurs assez simple : dans la vraie vie, avec tous les signaux d’alerte accumulés avant le départ, personne ne serait monté dans ce ballon.
Mais bon, si personne ne monte dans la montgolfière, le film dure douze minutes.
Et vu le prix des effets spéciaux, ça aurait été dommage.