Je crois que c'est un grand film sur la culpabilité, celle du héros masculin, une culpabilité réelle ou fantasmée (même si il est réellement négligent avec sa copine). D'ailleurs la Golubeva, grande comédienne plutôt rare, à la présence dingue, et dont je n'imaginais pas qu'elle nous quitterait si tôt, est un choix parfait et logique pour Dumont, qui l'a peut-être comme moi découverte "chez" Bartas.
Je ne suis jamais allé aux USA, et j'ai eu ici l'impression d'habiter ce pays, et ses problématiques, mieux qu'avec de nombreux western. Je précise que souvent, j'aime les western. A propos de genre, c'est inquiétant comme un film noir, et c'est tourné comme un road movie initiatique, tout en ne l'étant en aucun cas. Viendra la réponse aux questions, sourdes, du héros, comme une claque à quiconque croirait encore en... l'humanité.
Je me questionne sur la force de ce film sur petit écran : attention, il a besoin de vraie grandeur de toile, pour les espaces qu'il met en scène.
Enfin, il est vraiment difficile d'en parler sans spoiler, ni sortir des clichés sur Eros et Thanatos.