De part la voix-off de Chantal, nous nous retrouvons dans la France des années soixante en compagnie de Rachelle (sa future mère) et (de son père « inconnu » ) Philippe.
Ce film est d’autant plus intéressant quand on prend en compte que l’histoire se passe sur une quarantaine d’année (d’où les 2h15 de film). Allant de la naissance de « l’amour inévitable » (comme disait le dandy Philippe), en passant par l'évolution de celui-ci et sa conséquence, la naissance de Chantal, pour terminer à l’âge de ses trente trois ans.
Pour en revenir à Rachel, elle est dactylographe, une situation moyenne contrairement au parfait opposé, son « amour », Philippe, homme cultivé, traducteur et voyageur. Au cours du film, l’on se rend compte que Rachel cherche le bonheur et lui, le profit. Cela s’explique par l’insouciance de ce dernier. En effet, les rapports du jeune amour étaient surveillés. Mais le jour du départ de Philippe, ce dernier demande à Rachel, s'il peut « lui faire un enfant », elle accepte. Il repart pour au final laisser grandir sa fille Chantal avec Rachel. Il est venu à ses cinq mois, à ses six ans puis arrive l’adolescence de cette dernière. Depuis tout ce temps, Rachel demande à Philippe de reconnaître SA fille car il est SON père. Il l’a reconnu par contrainte lors de son adolescence. Rachel changea de nom pour s’appeler, comme SON père, ARNOLD.
Passons à l’adolescence de Chantal difficile envers son père. L’élément déclencheur est la supposition de sa mère : écrire à son père. Elle lui écrit et inversement, ils apprennent à se connaître. Ils se voient à présent tous les week-end afin de voir des expositions d’art, améliorer leur culture et partager des moments entre père et fille. Ils se ressemblent intellectuellement et spirituellement, ce point est illustré par l’admiration commune de l’Italie. Mais dans tout ça, que devient Rachel, la mère qui a tout fait pour éduquer correctement sa fille ?
Elle se fait délaisser par sa fille. Chantal confirme lors de la dernière conversation du film avec elle. Sauf que la raison principale est bien plus sombre. La jeune « bichette » Chantal est régulièrement sodomisée par son père, traitée comme du « poisson pourrit » dit-elle.
À partir de cet événement son père n’est que son père biologique. Rachel avait honte d’avoir été aveugle, pourtant tout semblait marcher, mais au contraire…
Comme dit Rachel, « on n'est pas une famille ».
Ensuite, la production. Tout simplement sublime ! Les sons sont très naturels et la musique nous entraine directement dans les années soixante. Entre le bal d’entrée, la fête foraine, les moments intimes (particulièrement le plaisir féminin) et tout simplement le film, l’image me caressait l’oeil. Étant moi-même amateur dans le domaine de l’image, je suis admiratif et je suis particulièrement touché par l’apparition d'appareils argentiques. L’image a beaucoup d’importance dans ce film (comme pour moi voulant devenir photographe), d'autant plus pour Rachel afin de revoir son amour, Chantal son père et Philippe sa fille. Pour en finir avec la technique, le découpage dirige magnifiquement les plans !
À présent, je vais vous dévoiler mon avis face à ce film (même si dans la partie technique j’en dis déjà beaucoup). Je trouve l’histoire excellente, touchante et bien construite. Malheureusement je n’ai pas pu lire le livre de Christine Angot, mais le jeu d'acteur reste fidèle à cela selon Catherine Corsini. (Rachel : Virginie Efira , Philippe : Niels Schneider , Chantal (adolescente) : Estelle Lescure, Chantal (adulte) : Jehnny Beth.)
J’exclame ma recommendation et mon affection pour Un amour impossible de Catherine Corsini.
Une critique rédigée par Stuby.